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Dimanche 15 septembre 2019

par le père Bernard-Marie Geffroy

Miséricorde

la miséricorde de Dieu est le fil rouge de tous les textes de la liturgie de ce dimanche.
En Exode est annoncé la fidélité de Dieu à chercher malgré sa colère par refus du mal dans ce qui est plus fondamental en Lui son amour, sa miséricorde. Dans ce texte, l’auteur biblique montre que l’on peut apaiser la colère de Dieu et plonger dans son pardon.

Pour Paul, il lui a été fait miséricorde. Il en a fait l’expérience et le proclame. Dans son épître, Paul témoigne de son expérience personnelle, bouleversante de la miséricorde de Dieu et de ce qui l’accompagne, une reconnaissance infinie de Paul pour le pardon de Dieu.

Quant aux trois paraboles de la miséricorde, le texte de l’évangile est une invitation à plonger dans les profondeurs du véritable dynamisme de l’amour divin. En Dieu, on trouve des richesses d’amour insoupçonnées. Ce qui accompagnent l’expérience de cet amour, c’est la joie et une meilleure compréhension de l’amour de Dieu. Dans ces trois paraboles, est proclamée la joie en Dieu. On peut repérer dans l’enchaînement de ces trois paraboles une certaine progression. Tout d’abord la joie au Ciel pour la brebis retrouvée. Pour la parabole de la drachme, la joie est partagée aussi avec les amis, dans la parabole du fils prodigue la joie du festin fait allusion au Festin que Dieu nous a préparé quand nous le verrons face à face.
Cette joie du festin est un aboutissement au bout d’un chemin de conversion.
Au départ, l fils prodigue emprunte un chemin de perdition mais qui, ultimement, va le conduire vers le meilleur de lui-même dès qu’il prendra conscience de son indigence. De cette indigence va jaillir une véritable expérience de l’amour du Père.
Le fils aîné, peu enclin à se mettre en mouvement dans une illusoire sécurité, devra faire un chemin vers lui-même dès l’instant où il prend conscience de sa jalousie et de sa servilité. Ira-t-il plus loin dans la connaissance du cœur du Père ?

Les textes parlent donc de la misericorde de Dieu. On peut y voir comme une compréhension de plus en plus précise de qui est Dieu.

Dans une parabole, une provocation et trois niveaux de signification.
Une provocation. famille dis-fonctionnelle. Donne moi ma part d’héritage : une violence inouïe,
violence inouïe de la déchéance du fils prodigue qui est amené comble du comble à garder les cochons et à mourir de faim. Violence inouïe du fils aîné qui déshonore par son attitude son Père qui s’humilie en essayant de convaincre son fils de se réjouir du retour du fils prodigue.

Les 3 niveaux d’interprétation :
- Niveau littéral
Pharisien et pêcheur. fils prodigue : les pêcheurs et les publicains. Fils aîné, les pharisiens.

-  Niveau symbolique ou biblique : tous les prophètes ont annoncé que Dieu va agir car son peuple est infidèle. Osée. Un coeur nouveau. Ezéchiel. Ère messianique d’isaie.
-  Niveau spirituel Dieu se réjouit quand sa miséricorde est accueillie. Même si le repentant n’est qu’en chemin. Ce que l’on découvre dans la parabole de l’enfant prodigue,c’est que l’amour de Dieu est en souffrance et en attente quand le coeur de son enfant s’endurcit.
Dieu qui est mouvement vers celui qui se repent. Mvt de la colline où il scrute l’horizon dans l’espoir du retour de l’enfant prodigue à la course vers son fils. Mvt quand il court, embrasse et vibre au mot fils. C’est le mot qu’il attendait pour interrompre le discours bien préparé de son enfant pour lui remettre tous les symboles de sa dignité de fils. Mvt vers le fils aîné. Il sort bravant les conventions qui à l’époque interdisait au patriarche de courir encombré qu’il était par sa robe somptueuse et volumineuse signe de son rang social.
Cette mise en mouvement est révélation du coeur du Père par des propos qu’il nous faut prendre dans son sens plénier.
Pour le cadet
"mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.’
Et ils commencèrent à festoyer."
Pour l’aîné :
"Le père répondit :
‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé ! »

Pour nous

L’amour du prochain, c’est espérer en l’autre. Il n’y a pas de situation d’enfermement définitif. Demandez au Seigneur de ne jamais désespérer en l’autre et faire l’expérience qu’un regard qui espère peut faire des miracles.
L’amour de Dieu. Mettre en mots : son repentir ( sacrement de réconciliation).
Accueillir avec joie la misericorde de Dieu. Session : Dieu est passé et ça se voit

Nos obstacles au passage de Dieu dans nos vies :
Peur de Dieu. Il me contraint, empiète sur ma liberté. Il me menace. C’est le fils prodigue. Donne moi la part de mon héritage, donne moi ma liberté. L’héritage c’est le véritable amour dont Dieu est la source. Notre liberté ne respire bien qu’en Dieu car elle est cette vraie liberté, liberté pour aimer.
Peur de Dieu à la manière de l’aîné qui imagine pour son père une condition à l’amour. Une certaine servilité est le prix à payer pour être fils.
L’amour de Dieu est une expérience à laquelle nous sommes invités. L’amour de Dieu est inconditionnel, immérité. La seule condition c’est de l’accueillir, d’en vivre et d’en faire vivre les autres. De conversion en conversion, nous comprendrons mieux la hauteur, la profondeur, la largeur de l’amour de Dieu.
Que cette Eucharistie, nous emmène plus loin dans ce chemin de croissance humaine et spirituelle.