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« Compassion-conversion réparatrice »

L’image de l’Eglise, aujourd’hui, est très abîmée à cause des scandales sexuels qui défraient la chronique : films, livres, procès, condamnation se succèdent.
L’Eglise s’interroge et prend conscience de l’ampleur et de la gravité du mal qui s’est fait au sein de sa propre institution ? Pour moi, il est clair que Jésus pleure de compassion pour toutes les victimes meurtries par leurs prédateurs. Il a manqué à l’Eglise et à d’autres institutions d’avoir cette même compassion pour les adultes ayant souffert d’abus sexuels, enfants. Se convertir pour l’Eglise, c’est s’ouvrir toujours plus à l’Amour du Christ, c’est se tourner vers le cœur de Dieu qui a tant aimé le monde et accueillir de Lui un vrai fruit de compassion et de réparation. L’Eglise doit de toute urgence entrer dans cette vraie compassion-conversion réparatrice et elle en a les moyens. Elle doit oser œuvrer pour que le Christ puisse reconstruire le temple profané. La pédophilie est une pathologie. Ceux qui en sont porteurs et susceptibles de passer à l’acte sont attirés par tous les milieux en contact avec les enfants. Ces lieux, ce sont la famille, les écoles, les clubs de sport, l’Eglise, etc… Abîmer un enfant est une abomination. On le sait mieux maintenant. Quand c’est le fait d’un membre de l’Eglise-Institution, cela ajoute à la gravité de l’acte. Tout geste d’abus sur un enfant est comme un tremblement de terre pour le corps, l’affectif, l’intelligence mais quand y est associé le sacré, l’âme est encore plus touchée. L’Eglise se doit de tenter de restaurer le sacré abimé grâce à un soutien inconditionnel et si possible en proposant un chemin d’accompagnement.
Je cite les propos d’une thérapeute catholique œuvrant en ce sens : « Pour les victimes, la mémoire fantôme d’un saccage revient inlassablement hanter le quotidien : cauchemars, emprises répétées, terreurs incompréhensibles, addictions, incapacités, désespérance. Les médicaments peuvent les aider à tenir, le travail thérapeutique à les structurer et avancer mais qui les guérira de la vraie blessure, qui est celle de la profanation ? … Si l’abus sexuel est une violence absolue, il l’est non pas tant pour le corps que pour l’âme qui l’habite. Il est profanation du Temple, du Sanctuaire qu’est le corps. C’est au creux des blessures que le Christ vient rejoindre toutes les victimes. Leurs blessures sont les Siennes, leurs corps le Sien. Ce corps de Jésus-Christ, détruit, humilié, bafoué en ce monde est aussi le corps du Ressuscité, le Fils qui monte des enfers pour manifester la Gloire et l’Amour indéfectible de Dieu, notre Père. S’Il s’est relevé, c’est pour nous relever ».
A ce sujet, voilà ce qu’en dit une victime : « Alors, le temps n’est-il pas venu, de briser, avec Lui, les verrous de notre prison, de nous réconcilier avec ce corps qui n’en finit jamais de nous rappeler combien notre âme aspire à être guérie ? Restaurer ce Temple, non pas à l’image du monde, ce que nous avons, en vain, si longtemps cherché à faire… Non, le restaurer à Son Image. Lui ouvrir nos décombres, les champs de ruines que nous cachons, afin de goûter à Sa Justice et étancher notre soif de Vérité, pour rebâtir les fondations, reconstruire les frontons de notre maison, marquer la porte d’entrée de Son Sceau et devenir enfin ce que tout homme, à Sa suite, est appelé à être : Tabernacle de chair. »
Père Bernard-Marie Geffroy

Le Père Bernard-Geffroy, religieux trinitaire, est très engagé sur ce chemin de réparation et de consolation des victimes qui, enfants, ont été détruits par des adultes, sensés les protéger.

Pour en savoir plus sur les démarches possibles : deux contacts
-  Reconstruire le Temple qu’est que le corps. Contact : as-benoit@orange.fr.
-  Du chagrin à la Grâce avec lien sur le site anglais https://www.grieftograceuk.org/