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Mon Carême Laudato si’ : défi n°1, bien gérer ma consommation d’eau

En se conformant au Christ, l’homme « fait également du bien à la Création », a expliqué le pape François dans son message de Carême 2019. À la suite du souverain pontife, Aleteia vous propose chaque jour du Carême un défi pour prendre soin de notre « maison commune ». Aujourd’hui, la gestion de sa consommation d’eau.

En ce premier jour de Carême, Aleteia vous propose de réfléchir à votre consommation d’eau. Songez qu’aujourd’hui, la consommation moyenne d’un Français est de 148 litres par habitant et par jour. Or cette dernière peut être réduite en adoptant des gestes et habitudes très simples : ne pas laisser couler l’eau pendant le rasage, le lavage des mains ou des dents, privilégier la douche au bain, laver ses légumes dans une bassine afin de réutiliser l’eau pour arroser ses plantes, ne pas laisser l’eau couler si on fait la vaisselle à la main etc.

Besoin élémentaire et droit inaliénable, l’eau est source de vie. « L’eau potable et pure représente une question de première importance, parce qu’elle est indispensable pour la vie humaine comme pour soutenir les écosystèmes terrestres et aquatiques », écrit le pape François dans son encyclique Laudato si’. À chacun donc de rendre grâce pour ce bien précieux et à être vigilant afin de le préserver.

Il y a 25 ans, lors du Sommet de Rio, le 22 mars est devenu la Journée mondiale de l’eau. Au-delà de son caractère vital, l’eau revêt aussi une dimension symbolique très forte pour les chrétiens. Au lendemain de cette journée, quelques éléments de décryptage.

L’eau comme vecteur de la grâce

« Les chrétiens peuvent apporter quelque chose sur le sens de la sauvegarde de la Création et l’eau en fait partie intégrante » estime Fabien Revol, titulaire de la chaire Jean Bastaire « Théologie, éthique et spiritualité » à l’université Catholique de Lyon. Le père Michel Raquet, délégué épiscopal à l’écologie pour le diocèse Lyon, également enseignant-chercheur et chargé de mission « écologie » au sein de l’université catholique de Lyon abonde en ce sens : « Dieu n’est pas seulement dans notre coin prière ou dans l’Eucharistie, mais aussi dans tout ce qui compose l’univers. Dans la vie spirituelle nous pouvons nous réapproprier ce rapport à l’eau avec toute sa dimension sacramentelle. Pour le chrétien elle devient alors le vecteur de la grâce, comme au moment du baptême mais plus quotidiennement encore avec cette eau bénite qui sert à nous signer en entrant dans les églises ».

Étendre notre spiritualité au domaine écologique

De la Genèse à la blessure au côté du Christ, l’eau est omniprésente dans l’Écriture. Sa présence récurrente dans la Bible devrait permettre aux chrétiens d’y voir une symbolique les poussant à une plus grande prise de conscience de son importance et lui accorder un respect particulier. Mais Fabien Revol n’est « pas convaincu que cela puisse avoir un impact direct dans les comportements écologiques des chrétiens même si pour certains cela peut être une forme de soutien spirituel ». Pour le père Raquet, « il faudrait peut-être inventer une manière chrétienne de se préoccuper de l’eau comme une ressource précieuse de la Création. À l’image du bénédicité récité au moment des repas, il serait pertinent de montrer aussi notre gratitude pour l’eau que nous consommons ou pour l’air que nous respirons. Ce serait une façon certainement renouvelée d’étendre notre spiritualité au domaine écologique. Il est vital de nous connecter aux dons de Dieu et l’eau est vraiment un des éléments source de vie ».

Entrer dans une dynamique de bénédiction

Fabien Revol est également président de l’association Oeko-Logia dont l’objectif est d’encourager la réflexion sur le rapport entre écologie, foi et spiritualité. Au cours d’une journée de prière pour la sauvegarde de la Création, une liturgie « ambulatoire » passant par plusieurs sites naturels a été organisée. « Pas loin du siège de notre association, à Taulignan dans la Drôme, coule la rivière du Lez : l’évêque de Valence l’a bénie au cours d’une étape à caractère pénitentiel pour demander pardon à Dieu de l’activité humaine qui pollue les cours d’eau ».

En tant que chrétien nous devons être solidaires du reste de l’humanité, à la fois par compassion mais aussi comme dit le pape François, car « tout est lié ». Dans l’encyclique Laudato Si’, le Saint Père insiste sur le problème de l’accès à l’eau potable dans les pays en développement dès le premier chapitre lorsqu’il énonce une série de constats. Mais le père Michel Raquet rappelle que ces enjeux environnementaux ne concernent pas que les pays pauvres. « Dire que les Occidentaux et notamment les Français n’ont pas de problème d’eau ni d’accès à l’eau potable devient de plus en plus faux : comme l’illustre le danger des perturbateurs endocriniens qui y sont répandus. D’ici quelques années en Occident nous risquons d’avoir des problèmes de santé importants liés à l’eau potable et il ne faut pas les sous-estimer » insiste t-il

Fabien Revol explique qu’en tant qu’habitants de cette planète, « nous faisons tous face à une crise potentielle de pénurie d’eau et que l’on soit chrétien ou pas, nos comportements doivent être responsables et humains. Le pape François dans Laudato Si’ juge sévèrement ceux qui gaspillent : « On observe le gaspillage de l’eau, non seulement dans les pays développés, mais aussi dans les pays moins développés qui possèdent de grandes réserves. Cela montre que le problème de l’eau est en partie une question éducative et culturelle, parce que la conscience de la gravité de ces conduites dans un contexte de grande injustice, manque ».