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Méditation du père Arnaud du 33ème dimanche du temps ordinaire

Nous voici dans cette fin du « temps ordinaire ». Nous pourrions nous demander si ces mois que nous vivons avec tant de difficultés sont si ordinaires que cela… Ce serait oublier que la liturgie nous fait réfléchir sur le temps « ordonné à Dieu », et non pas un temps de routine quotidienne. Avec le Seigneur, rien n’est jamais banal !!

Tenez : si l’évangile de ce dimanche est exclusivement masculin (un maître et ses serviteurs), les trois autres lectures sont centrées sur des femmes.
La femme enceinte, dans l’épitre aux Thessaloniciens. Elle évoque pour chacun les douleurs et les merveilles de l’enfantement, et saint Paul nous guide vers l’enfantement spirituel qui prépare chaque vie chrétienne. Aux jours d’angoisse, entendons Ro 22 : « la création entière crie sa souffrance : elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore ».
Tous, nous avons au moins deux points communs : nous sommes nés d’une maman qui nous a donné la vie, et nous ne manquons pas de rencontrer la souffrance sous une forme ou sous une autre.

Une autre figure féminine « comme une vigne généreuse », avec le psaume 117 : source de vie dans cette maison orientale : pour réjouir le cœur de l’homme ; elle nous conduit au vin de la messe, précieux sang du Christ, reçu à chaque eucharistie.

Et puis, cette troisième femme, vaillante, elle-même image de la sagesse divine, dans le livre des Proverbes. Ouvrage rédigé avant et après l’Exil du 6ème siècle avant JC (donc au cœur de tribulations angoissantes) : c’est un vrai livre de vie. Et que l’on ne nous parle pas de la Bible comme d’une évasion du réel, ni de la méditation de la Parole de Dieu comme une négligence du quotidien !
Dans ce livre, aucun aspect de l’existence des hommes n’échappe au regard de Dieu : vie familiale et sociale, morale, économie, politique, esthétique… out est mesuré à l’aune du Seigneur. Une littérature spirituelle qui emprunte aux régions voisines d’Israël (Égypte, Mésopotamie, Syrie.) tout ce qu’elles ont de meilleur.

Quelle richesse spirituelle du Moyen Orient ! C’est tout le sens de la transmission intellectuelle qui est en jeu. « Ecoute mon fils, reçois cette instruction, développe-la et transmet-la… » revient comme un refrain… Qui d’entre nous ne souhaiterait entendre ou murmurer ces paroles au soir de sa vie… ?
Soyons donc attentifs à cette apparente banalité répétitive de nos journées, que nous n’organisons pas toujours comme nous le voudrions durant ces semaines. C’est là, et pas ailleurs, que le Seigneur nous attend ! Un peu comme chez le prophète Elie à l’Horeb (1 Rois 19) : Dieu n’était pas dans le grand vent spectaculaire, mais dans le petit souffle à peine perceptible…

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, avant la fête solennelle du Christ Roi de l’Univers, c’est un modèle d’engagement que le livre des Proverbes place devant nos yeux et offre à notre réflexion.
Si nous cherchons avec application telle ou telle haute figure biblique ayant vécu spirituellement avec le livre des Proverbes, le visage de la Vierge Marie nous vient certainement aux yeux. Tout ce qui est dit de cette femme admirable ne convient-il pas à Marie ? Marie, toute à la fois : fille, épouse et mère. Fille du Très Haut et de Sion, épouse du Seigneur, Mère de Dieu. Marie, qui nous encourage toujours à faire fructifier les talents que nous avons reçus du Seigneur (« tout ce qu’il vous dira, faites-le ») Car c’est bien le seigneur qui est le maître dans notre évangile de ce jour. Il nous appelle, nous ses serviteurs, en nous confiant ses propres biens. Et que pourrait nous confier le Seigneur de plus précieux que son Eglise ? Elle teint, au pied de la croix, à la présence de Marie et à celle de saint Jean, confié l’un à l’autre en ultime charité.

Alors, maintenant, à chacun de nous sa part de responsabilité ! Avons-nous reçus 1, ou 2, ou 5 talents… ou plus…ou moins ?!
Notre Archevêque compte sur nous pour prendre part à cette prière de neuvaine qu’il lance, « pour que nous communions tous dans une même supplication, en demandant à Dieu de nous libérer de ce mal qui ronge notre diocèse, notre pays, notre monde ». Neuf jours de suite, du 30 novembre au 8 décembre, en nous préparant intensément à la solennité de l’Immaculée Conception. Différents visages de sainteté (Denis, Charles de Foucault, Geneviève, Rosalie Rendu, Vincent de Paul…), nous aideront à méditer les mystères, cette prière mariale tournée vers le Christ.
Faisons confiance, et avançons en Eglise !
A.Bancon+ Curé de Saint Leu saint Gilles