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Méditation du frère Odon pour le 32 ème dimanche du temps ordianire

« Attendez avec joie et avec amour la venue du Christ »
(Mt 25, 1-13)
La vie c’est la beauté disait Baudelaire, ou plutôt le reflet de la beauté. La parabole de ce dimanche nous y fait goûter.

En effet, Jésus nous parle de dix jeunes filles qui se préparent à participer à des noces. Matthieu nous décrit la situation : les jeunes filles « invitées à des noces », se sont retrouvées au lieu prévu du rendez-vous avec l’époux afin de l’accompagner. Eclairées d’une simple petite lumière, elles ont osé affronter la nuit. Cette rencontre nuptiale, n’est-elle pas une invitation que Dieu adresse à chacun de nous en tout instant ?
Oui, comme ces jeunes filles, le chrétien affronte des nuits et il doit les traverser muni d’une simple lampe allumée. Si la peur nous écrase, notre espérance de trouver l’époux nous pousse à avancer. Au cœur même de ces épreuves qui tentent notre volonté, qui nous font baisser les bras ou pourraient nous distraire, une voix nous interpelle. Sommes-nous attentifs à ce que nous dit le moment présent et à cette invitation de Dieu ? Il est vrai que Dieu s’adresse à notre conscience, mais notre réponse ne dépend pas de cet appel, mais plutôt de la provision d’huile pour notre lampe. A vrai dire, tout le monde n’est disponible à une telle rencontre, comme nous dit l’Evangile, car parmi elles, il y avait des insensées et des prévoyantes. Dieu ne refuse jamais ceux et celles qui ont le désir de le rencontrer, il nous demande seulement d’avoir la lampe allumée avec suffisamment d’huile car la venue du Seigneur est imprévisible. Parfois, on oublie l’huile, on se contente de notre lampe, on se fie à nos capacités au lieu d’ajouter dans notre vie quotidienne quelques gouttes d’huile, la grâce de Dieu.
Et pourtant, Dieu se laisse trouver par ceux qui se mettent devant la porte et veillent à l’arrivée de l’époux. Alors, peut-on parler d’égoïsme de la part des prévoyantes ? Certes, la vie chrétienne a une dimension communautaire, mais il y a toujours une réponse personnelle à la proposition de salut. L’attitude prudente de ces jeunes filles ne contredit pas l’enseignement de Jésus sur le service mutuel mais souligne plus la venue inattendue et imprévisible de Jésus. « Nous ne savons pas ni le jour ni l’heure », nous devons être toujours prêts à pouvoir enter avec l’époux dans la salle des fêtes et repoussons loin de nous tout ce qui pourrait nous plonger dans une léthargie plus profonde. Dieu patiente et cela jusqu’à la dernière heure si nous osons rester « prévoyant » dans la vie. Plongés dans des distractions qui nous endormissent, la Parole de Dieu, l’Eglise, le soutien des saints et des martyrs poussent leur cri et nous rappellent chaque jour le devoir de rester en éveil par nos bonnes œuvres, par notre foi, par notre bonne volonté et par une conscience droite. C’est maintenant l’heure de charger notre lampe, de vérifier les réserves de notre huile. Et pour que la porte ne se ferme devant nous, choisissons de fonder notre vie sur Dieu comme Marie qui a cherché à réaliser en elle la volonté de Dieu.
Fr Odon O.S.S.T.