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Feuille n° 427 du dimanche 15 mars au 29 mars 2020

Dieu qui nous surprend....

Une rencontre, celle de Jésus avec une samaritaine. A travers cette rencontre se disent différentes facettes d’un cheminement dans la foi. Cet évangile est d’ailleurs l’un de ceux qui accompagnent les catéchumènes vers le baptême. Ne pourrait-il pas relancer notre élan de foi, adhésion de foi que nous renouvellerons la nuit pascale ?
De cette rencontre, en soi improbable, Jésus a l’initiative : « Il lui fallait traverser la Samarie » Jn 4, 4.
Pourquoi, pour aller de Judée en Galilée, prendre cette route et se rendre chez un peuple hérétique, « hors la loi » ? Ce faisant, Jésus est amené, à l’étonnement de la femme puis des disciples, à transgresser un double tabou religieux et social : « les juifs n’ont pas de relations avec les samaritains » et, qui plus est ...avec une femme... aux yeux de tous ! Les disciples n’osent même pas demander : « Que cherches-tu ? » ou « Pourquoi parles-tu avec elle ? »
De quelle nécessité, cet « il faut » témoigne-t-il, sinon du désir du Sauveur de rencontrer tout homme, là où il est, tel qu’il est .
Un dialogue s’engage, une relation confiante de personne à personne : « Toi...à moi... ? » autour d’une réalité humaine, la soif, et d’un besoin vital, l’eau.
Mais, très vite, un quiproquo apparaît entre l’eau que la samaritaine est venue puiser et l’eau vive que Jésus veut lui donner. La seule attente de la femme, c’est de ne plus avoir à faire la corvée d’eau ! Pour aller au-delà de cette attente immédiate, et permettre la révélation d’un Don qu’elle ne peut concevoir : « Si tu savais... », un seuil est à franchir. Nos cheminements de foi ne connaissent-ils pas eux aussi, des déplacements de nos points de vue, des dessaisissements de nos projets, des exodes de notre ego pour peu à peu se mettre au diapason de Celui qui vient à nous, assoiffé de nous rencontrer ?
Au sein de ce malentendu, une Parole vient faire la brèche : « Va...va chercher ton mari ! », parole qui rejoint la femme en plein cœur dans le réel de sa vie. Devant la vérité qui se fait en elle, elle ne se dérobe pas : « Je n’ai pas de mari... », impuissance reconnue, manque accepté. Alors, dans cette pauvreté peut germer une soif autre que celle de l’eau du puits (Elle en abandonnera sa cruche !). En réponse à cette attente du Messie, du Sauveur, Jésus déclare : « Je le suis, moi qui te parle ».
L’eau jaillie alors dans son cœur peut désormais abreuver ses frères.
Saisie par le Christ au sein du mystère de cette Rencontre inouïe, elle devient témoin de la Bonne Nouvelle du Salut.
Puissions-nous en ce temps favorable du Carême, laisser Jésus traverser nos Samaries intérieures avec leurs séparations, leurs exclusions, leurs errances et permettre à nos différentes soifs d’être réajustées à la seule véritable Source d’eau vive.
Peut-être entendrons-nous son invitation à venir à Lui avec nos « idolâtries ». La Tradition a toujours vu dans les « cinq maris », les diverses idoles des Samaritains. Et nous nous fabriquons des idoles chaque fois que nous prenons pour source de vie toute autre source que Dieu lui-même (par exemple en adulant l’argent, une institution, une personne...)
A la suite de la Samaritaine, « avec notre Dieu, nous ne serons pas au bout de nos surprises. Son amour est toujours de l’ordre des surprises. Il est le Dieu de surprises. Il surprend l’homme là où celui-ci ne l’attend pas, Il le déroute. Il a choisi des Galiléens, Il a appelé des collecteurs d’impôts, Il a fréquenté des prostituées, Il a fait confiance à des femmes (...) Nous savons que nous sommes sauvés et que c’est définitif si nous tenons la main de Celui qui est venu dans nos enfers nous tirer par la main. » *
Bonne route vers Pâques !
Colette Fleury

* Fierté de l’Espérance de Eric de Clermont-Tonnerre. A lire sans modération !

Prière à Saint Roch

Dieu Notre Père, Seigneur et Maître de l’Univers,
toujours attentif à la clameur de ceux qui t’invoquent,
Nous savons que tu restes proche de nous
dans les difficultés et les joies de notre vie quotidienne.
Tu nous l’as montré dans la personne de ton Fils, Jésus, qui s’est fait homme pour être notre Sauveur.
Aujourd’hui encore, il ne nous laisse pas orphelins mais nous envoie l’Esprit Saint qui nous pousse à la prière.
C’est pourquoi, devant l’épidémie qui secoue notre monde Nous recourons à Toi, Dieu notre Père, avec foi et confiance, comme le fit en son temps, saint Roch,
laïc pèlerin en Europe,
pestiféré, emprisonné,
qui, en pleine épidémie de peste,
guérissait les corps et amenait les hommes à Dieu,
Nous demandons aujourd’hui par son intercession, la cessation de ce fléau pour que
triomphe la foi sur la peur ;
la solidarité sur l’égoïsme
et la Vie sur la mort.
Toi le Dieu de bonté et de tendresse qui élève les petits et les pauvres, prends pitié de nous et de notre monde. Amen !