Feuille de quinzaine n° 458

28 novembre au 11 décembre 2021

Restez éveillés…

Au milieu de l’agitation commerciale en préparation de Noël, guirlandes, confiseries, cadeaux, suggestions…, le Seigneur nous invite, à travers les textes des liturgies de l’Avent, à regarder en avant et à vivre ce temps précieux de l’attente de la venue du Seigneur, non seulement de sa naissance sur la terre, mais de celle à venir, comme le dit l’apôtre Paul dans la lecture des Thessaloniciens du 1er dimanche de l’Avent: «Qu’il affermisse vos cœurs, les rendant irréprochables en sainteté devant Dieu notre Père, lors de la venue de notre Seigneur Jésus avec tous les saints du ciel » (I Th.3,13).

L’évangile reprend : « Vous verrez le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire »( Luc 21,27).

Les textes du 2ème dimanche de l’Avent insistent : « Celui qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus » (Ph 1,6).

À chaque eucharistie, au moment de la consécration, nous prions : « Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta Résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ».

Nous attendons ta venue dans la gloire, c’est bien ce que cette période de l’Avent qui s’ouvre devant nous nous invite à creuser :

  • –  Qu’attendons-nous en vérité ?
  • –  Quelle est notre foi en cette venue de Jésus dans la gloire ?
  • –  Qu’est-ce que cela veut dire pour chacun de nous ?
  • –  Sommes-nous comme les apôtres, qui posent la question à Jésus : « Est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir la royauté pour Israël ? » (Ac.1,6) Tentation subtile qui nous guette du désir d’une restauration terrestre du Royaume devant la situation présente et toute la détresse dans laquelle nous sommes. Pour ne pas succomber, écoutons encore ce que nous dit Jésus : « Restez éveillés et priez en tout temps » (Lc 21,36).

Sr Hu-Do

Exposition itinérante « comme pèlerin au Saint-Sépulcre »à st Leu

Visites guidées le 3,10 et 18 décembre à 16h30

En partenariat avec Terre Sainte Magazine, l’Ordre du Saint-Sépulcre en France anime actuellement une exposition qui permet au visiteur de percer les mystères du Saint-Sépulcre, lieu de la mort et de la résurrection du Christ, « point zéro » du GPS des chrétiens !

Cette exposition présente en quinze tableaux richement illustrés l’histoire de ce lieu unique : de la carrière de pierre aux différents édifices construits par les communautés chrétiennes, jusqu’au lieu de prière et de pèlerinage actuel.

Marie-Armelle Beaulieu, rédactrice en chef de Terre Sainte Magazine, qui l’a écrite et réalisée, nous en donne la finalité :

Parce que le Saint-Sépulcre est si important à notre foi, Terre Sainte Magazine, magazine francophone à destination des anciens et futurs pèlerins, vous offre les clés de compréhension de ce lieu saint unique au monde.

Pourquoi, comment, est-ce ce lieu de Jérusalem qui est reconnu pour être celui de sépulture de Jésus et par conséquent le point GPS de sa résurrection ?

Que sait-on sur l’endroit lui-même, que nous en disent les archéologues ?

Quelle expérience offre à vivre ce lieu quand on le visite ?

Que dit-il à notre foi contemporaine ?

Depuis avril 2019, l’Ordre du Saint-Sépulcre présente donc cette exposition qui a déjà été accueillie à Lyon, Paris, Lille, Périgueux, Bordeaux, Alençon, Laval, Rouen, Nantes, Amiens, Clermont-Ferrand, Le Puy, Angers, Versailles, Argenteuil, … A l’occasion de l’exposition, sont également organisés : conférences, émissions de radio, visites guidées ou encore messes pour les chrétiens de Terre Sainte. Ces manifestations autour de l’exposition permettent des expériences riches de contacts et d’occasions de témoigner de l’attachement des chevaliers et dames du Saint-Sépulcre à ce lieu et de le faire mieux découvrir : le point à partir duquel nous sommes tous appelés, comme les premiers disciples, à témoigner de la résurrection du Seigneur et du salut de l’humanité !

Ouverture du Synode : Une église en chemin.

Le dimanche 17 octobre à Saint-Germain l’Auxerrois, Mgr Michel Aupetit a ouvert le processus synodal pour le diocèse de Paris, lancé les 9 et 10 octobre 2021 à Rome. Le processus synodal se conclura par l’Assemblée générale du Synode des évêques au Vatican en octobre 2023.

Prochaine rencontre à st Leu le dimanche 12 décembre

Paris Notre-Dame – Votre équipe a été envoyée en mission par Mgr Michel Aupetit dimanche 17 octobre au soir. En quoi consiste cette mission ?

Christophe Alizard – Notre mission, vertigineuse, consiste à répondre à la volonté du pape de vivre une expérience synodale dans chaque diocèse. La particularité du synode sur la vie de l’Église, lancé les 9 et 10 octobre à Rome (Italie), est de se dérouler en trois étapes et sur deux ans. La première phase, dans laquelle nous sommes aujourd’hui, consiste à vivre le synode en Église particulière – c’est-à-dire en diocèse – afin de remettre une forme de synthèse au printemps 2022. S’ensuivra une phase continentale (de septembre 2022 à mars 2023), puis enfin une phase de l’Église universelle à Rome en octobre 2023. Pour le pape François, « le chemin de la synodalité est celui que Dieu attend de l’Église au troisième millénaire [1] ».

Marie-Thècle Tranchant – « Synode » veut dire « faire chemin ensemble ». Nous sommes invités à réfléchir sur la manière dont l’Église doit davantage marcher ensemble. Nous en faisons nous-mêmes l’expérience au sein de notre équipe, composée de plusieurs personnes aux différents états de vie : un prêtre, deux couples, un homme marié et une femme célibataire. Réfléchir ensemble et partager notre expérience d’Église permet de marcher vers toujours plus de vérité et de charité.

P. N.-D. – Frère Aloïs parle « d’un dialogue qui réconcilie » en évoquant le synode. Qu’en pensez-vous ?

C. A. – Le rapport de la Ciase conduit à une prise de conscience douloureuse sur la souffrance endurée par les victimes et notre rapport à leurs paroles… Si la parole du plus souffrant en qui le Christ se reconnaît n’est pas recueillie, alors nous avons échoué. L’esprit de synodalité peut apparaître comme une voie pour mettre en œuvre certaines recommandations du rapport Sauvé, en valorisant une communion de tous les baptisés à l’opposé de tout cléricalisme.

M.-T. T. – Il y a un enjeu vital que tous les baptisés se demandent quelles sont, pour eux, les urgences à traiter dans l’Église actuelle. Cela suppose de pouvoir faire mémoire de tout le bien qu’on a reçu de l’Église, mais aussi de prendre conscience des drames et des blessures vécues en son sein pour ensuite s’interroger : vers quoi veut-on aller ? Notre mission est une proposition, très humble, que chacun puisse prendre la parole.

P. N.-D. – S’agit-il de repenser la gouvernance de l’Église ?

C. A. – Chacun ne va pas écrire sa revendication sur un mur ou entrer dans une forme de démocratie où l’on vote de façon individuelle : « ensemble » a un sens. L’esprit de synode, c’est de mener un discernement commun porté par l’Esprit Saint, où la voix de tous permet de conduire à la vérité et à la lumière pour la vie et la mission de l’Église. Le pape rappelle souvent cette pensée de saint Benoît : « Et si l’Esprit Saint avait choisi le plus petit d’entre nous pour révéler sa vérité ? »

M.-T. T. – Sans Esprit Saint, il n’y a pas de synode. Le logo du synode le montre bien : on voit un peuple qui marche, guidé par l’Esprit Saint. Ce peuple qui marche, c’est le « nous » ecclésial que nous devons retrouver, où tout le monde est inclus, laïcs et clercs, et où chacun peut donner sa voix et être écouté. On peut lire aussi sur ce même logo : communion, participation, mission. Le pape est très clair là-dessus : il n’y aura pas de mission de l’Église si on n’est pas capable de marcher ensemble.

Propos recueillis par Charlotte Reynaud

[1Discours du pape François lors de la commémoration du 50e anniversaire de l’institution du synode des évêques (17/10/2015).

Feuille de quinzaine n° 457

14 au 28 novembre 2021

Le pape François nous a invité à nous mettre en chemin pour vivre un « synode », c’est-à-dire une « marche ensemble ». Cette démarche synodale se terminera en octobre 2023 par une réunion des évêques du monde entier, après que chacun, chaque membre du Peuple de Dieu, ait eu la possibilité de s’exprimer sur la manière dont il vit dans l’Église sa vie de chrétien ; ce temps de partage au niveau des paroisses de chaque diocèse se déroulera jusqu’en août 2022.

Au sein de chaque Eglise locale, et nous à Saint-Leu, nous sommes appelés à tous nous retrouver, en exerçant notre dignité et notre vocation commune de baptisés, que nous soyons laïcs, laïques, laïcs ou laïques consacrés, religieux ou religieuses, prêtres, afin de nous écouter les uns les autres et d’écouter ensemble l’Esprit Saint ; ce cheminement nous invite à renouveler nos mentalités, nos façons de voir et nos structures ecclésiales, afin de vivre l’appel de Dieu pour l’Eglise, au milieu des signes des temps actuels.

Nous sommes aidés dans cette démarche par le « document préparatoire » qui nous met à l’écoute de la Parole de Dieu (cf. page 8 du document) : il nous montre comment Jésus annonce l’avènement du Royaume de Dieu en mettant en scène trois acteurs : d’abord Jésus lui-même, le Christ – Roi que nous fêterons bientôt : il prend l’initiative en semant les paroles et les signes de son Royaume, plein de miséricorde, d’amour et de tendresse pour ses créatures, en particulier pour les pauvres et les pécheurs ; puis la foule dans sa diversité, le peuple de la vie ordinaire qui suit Jésus dans l’attente d’une parole ou d’un signe et, au sein de la foule, ceux qui veulent rencontrer Jésus, tels Zachée ou la Cananéenne ; et enfin ses disciples, les apôtres choisis par Jésus ; Jésus, la foule et les apôtres, chacun jouant son rôle : la foule ne se conçoit pas sans les apôtres, ni les apôtres sans la foule, tous en lien avec le Christ.

Etant en chemin, nous sommes invités à participer, à écouter l’autre, à le rencontrer, en sortant de nous-mêmes vers celui que je ne connais pas encore bien, à dialoguer avec ceux qui ont des opinions différentes de la mienne : étant tous interdépendants, nous avons à nous mettre au service les uns des autres. En ouvrant le synode, le 10 octobre dernier, le Pape François nous posait cette question : « Sommes-nous disposés à vivre l’aventure du cheminement, ou bien, par peur de l’inconnu, nous réfugions-nous dans les excuses du ‘cela ne sert à rien’ ou du ‘on a toujours fait ainsi’ » ? La réponse à cette question engage notre foi et notre espérance.

La démarche synodale est l’un des moyens de réponse au drame des abus sexuels dans l’Eglise dont nous avons pris connaissance récemment et dans lequel nous avons tous une part de responsabilité, si minime soit-elle. Au lieu de rester seuls avec nos questions, saisissons l’occasion d’échanger entre nous et autour de nous.

Benoît Rupied

Le sacrement de réconciliation pourra être reçu tous les jours à 17h.

Ouverture de l’accueil : de 13h à 18h du lundi au samedi.

Ouverture de l’église : de 13h à 19h30 du lundi au samedi

Feuille de quinzaine n° 455 du 17 au 31 octobre 2021

       Chers frères et sœurs en Christ  

Le Seigneur nous conduit à vivre le Week-End des 16 et 17 octobre pour une effusion de l’Esprit pour nous, nos groupes, nos paroisses et notre Église.   La Providence avait amené un report de date en raison de la crise sanitaire et conjugue ce rassemblement à Saint Leu avec la publication du rapport de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, le lancement diocésain du Synode et la lettre pastorale de notre Archevêque. Pour vivre « La fraternité dans la mission », dans une démarche synodale et au sein d’une maison sûre pour tous, nous avons bien besoin d’une vie nouvelle d’hommes et de femmes blessés/guéris, pécheurs/pardonnés, fatigués/fortifiés, tristes/joyeux. Nous désirons ranimer notre foi, notre espérance, notre charité et le désir de chacune et chacun d’être renouvelé par l’Esprit Saint, dans ce temps si particulier. L’appel à être disciple missionnaire est d’abord un état d’esprit, une manière de vivre entre nous l’Évangile, qui soit invitante et appelante.   Expérimentons ensemble : – La FRATERNITE, en s’appuyant sur la Parole de Dieu et les sacrements, dans le sens de l’amitié qui manifeste la présence du Christ au milieu de nous. – L’OUVERTURE À TOUS, par un accueil gratuit et bienveillant, dans le sens de la joie et de la fête.  

Vivons ensemble cette expérience spirituelle nouvelle et renouvelée de renonciation au mal et d’effusion de l’Esprit, qui s’appuie sur la mort et la résurrection du Christ,  

Pour chaque baptisé, pour l’Église et le salut du monde.   A la suite de notre Seigneur Jésus, Pasteur et Serviteur   Laissons-nous conduire par l’Esprit, pour marcher ensemble en communauté, Faisons fructifier les dons et charismes envoyés par l’Esprit, pour servir ensemble en paroisse.  

Christelle SIMON, vice-présidente de Conseil Pastoral
 


Horaires habituels

  Du lundi au samedi                    18h30 :   Vêpres suivies de l’Eucharistie  
Le dimanche09h45 /10h45 : Partage sur l’Evangile (ouvert à tous) 10h00 : Adoration 11h00 : Eucharistie
Le lundi19h30 : Répétition « La Nouvelle Chorale »  20h30 : Assemblée de prière charismatique  « Action de Grâce »
Le mardi19h : Réunion du groupe DASA 19h30 : Groupe de prière « Cœur nouveau » Chapelet médité
Le jeudi14h30 : Prière d’Intercession
Le vendredi16h : Acathiste orthodoxe devant les reliques de Ste Hélène 18h30 : Messe pour la Terre Sainte avec l’Ordre équestre du Saint Sépulcre 
  

Du lundi au samedi Adoration à 17h30, puis messe avec vêpres à 18h30.

Le dimanche  Adoration à 10h, puis messe à 11h.

Le sacrement de réconciliation pourra être reçu tous les jours à 17h.

Ouverture de l’accueil : de 13h à 18h du lundi au samedi.

Ouverture de l’église : de 13h à 19h30 du lundi au samedi

de 9h30 à 12h30 le dimanche

Agenda paroissial

Dimanche 17 octobreWE de la fraternité « Pentecôte » 11h : Messe du 29ème dimanche du temps ordinaire Envoi en mission des « Aux Captifs la libération »
Jeudi 21 octobre19h30 : Prière rue Captifs  Pot de départ de Baptiste Henry, responsable d’antenne 20h : Conférence proposée par la Traversée « L’inattendu de la vie » par Elisabeth Leblanc Coret 
Vendredi 22 octobre                                            18h30 : Messe en l’honneur de Notre Dame de Palestine                   avec les Chevaliers de l’Ordre du  Saint Sépulcre.
Samedi 23 octobreVacances scolaires 10h30 : « Une boussole pour la Bible » avec sœur Anne
Dimanche 24 octobre11h : Messe du 30ème dimanche du temps ordinaire 17h30 : « L’escale » proposée par le pôle mission du diocèse de Paris
Mercredi 27 octobre17h15 : Groupe de prière « le bon larron »
Jeudi 28 octobre19h30 : Répétition du groupe chants 19h30 : Groupe de prière « GVE » Fraternité Séculière de Saint François  Vivre l’Evangile dans la pauvreté, la louange et la fraternité
Vendredi 29 octobre19h30: Prière à l’archange saint Michel
Samedi 30 octobre15h : Baptême de Jacob 
Dimanche 31 octobre11h : Messe du 31ème dimanche du temps ordinaire Vigiles de la Toussaint (Horaires à préciser)

A Noter :        

Le père Odon sera absent du 15 au 26 octobre, le père Arnaud du 30 octobre au 6 novembre.

Vendredi 19 novembre 17h :     Mémoire de la Translation des reliques de sainte Hélène en présence du Custode                                          de Terre Sainte et de Mgr Emmanuel Tois, accompagné des clergés catholiques                                                et orthodoxes.

Concert le vendredi 10 juin 2022 à 20h

Les Trios Xenakis et Messiaen

Le trio Xenakis

Composé des percussionnistes Adélaïde Ferrière, Emmanuel Jacquet et Rodolphe Théry, le trio interprète le répertoire à travers les chefs-d’oeuvre de la musique contemporaine en mettant à l’honneur la diversité infinie du timbre propre à la percussion.

Adélaïde Ferrière, Emmanuel Jacquet et Rodolphe Théry

Le trio Messiaen

C’est par la rencontre de trois jeunes solistes que le trio Messiaen voit le jour en 2014. Tous diplômés du CNSM de Paris et lauréats de prestigieux concours (Concours Jascha Heifetz, concours Felix Mendelssohn, concours international de piano d’Orléans, concours Rodolfo Lipizer, concours de la societa umanitaria de Milan et concours Alberto Ginastera), ils unissent leurs personnalités musicales au service de ce projet commun scellé par une amitié née entre les murs du Conservatoire.

David Petrlik, violon, Volodia Van Keulen, violoncelle, Philippe Hattat, piano

Message de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, à propos de la remise du rapport de la CIASE.

https://www.paris.catholique.fr/remise-du-rapport-de-la-ciase.html?utm_source=hebdo&utm_medium=email&utm_campaign=2021-10-12_hebdo&utm_content=remise-du-rapport-de-la-ciase.html

Chers frères et sœurs, chers amis,

Comme vous le savez nous attendions le rapport de la CIASE qui a été rendu public aujourd’hui. Nous l’avions demandé pour faire la vérité car nous la devions absolument aux personnes victimes et à tous les fidèles.

Je méditais cela ce matin avec le psaume de la messe Ps 129 : « Des profondeurs je crie vers toi Seigneur ».

Cette vérité nous l’avons découverte avec vous tous. Elle est bien au-delà de ce que nous croyions savoir, elle est effrayante.

Depuis plusieurs années, nous avons pris des mesures pour prendre au sérieux cette épouvantable tragédie mais nous voyons que nous avons encore bien du chemin à faire pour accueillir la souffrance des victimes, les accompagner dans leur reconstruction, et rendre plus sûre la maison commune. L’analyse des causes exposées par le rapport de M. Sauvé nous oblige à regarder de près les facteurs qui ont permis de tels abus. Nous aurons besoin de vous tous pour nous éclairer et nous aider dans les réformes nécessaires. Nous avions demandé à la CIASE de nous donner des recommandations. Nous allons les étudier attentivement avec tous les évêques de France afin de décider ce qui convient de mettre en œuvre.

Croyez bien que je partage votre profonde tristesse devant ces terribles révélations. Je vous invite à prier pour les personnes victimes dont la vie est brisée. Je vous demande aussi de prier pour tous les prêtres, diacres et laïcs afin qu’ils continuent à œuvrer avec dévouement. Nous sommes tous profondément attristés par ces révélations.

Chers frères et sœurs, chers amis, je vous assure de ma profonde communion dans le Christ.

+Michel Aupetit
Archevêque de Paris

Allocution de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France

Monsieur le Président,

Vous venez de remettre à sœur Véronique Margron, Présidente de la Conférence des Religieux et Religieuses de France et à moi-même, votre rapport après 30 mois de travail. À travers nous, vous le remettez aux supérieures et supérieurs majeurs et aux évêques de France. Votre rapport est rude, il est sévère. L’ampleur du phénomène des violences et agressions sexuelles dans la société et dans l’Église que vous décrivez est effarante.

À travers la prise de parole de M. Devaux et à travers votre compte-rendu M. le président, déjà, nous avons entendu la voix de personnes victimes.

Nous avons entendu leur nombre.

Leur voix nous bouleverse, leur nombre nous accable. Il dépasse ce que nous pouvions supposer.

Que tant de vies d’enfants et de jeunes aient pu être abîmées sans que presque rien en ait été repéré, dénoncé, accompagné, soigné, est proprement insupportable.

Nous mesurons aujourd’hui encore la force intérieure et le courage qu’il a fallu et qu’il faut à celles et ceux qui dénoncent les violences et agressions qu’ils ont subies.

Nous réalisons le nombre de ceux et de celles qui n’ont pu parler et qui ne peuvent ou ne souhaitent pas le faire.

Aux personnes qui ont été victimes de tels actes de la part de prêtres, de religieux, de religieuses ou d’autres personnes dans l’Église,

J’exprime ma honte, mon effroi, ma détermination à agir avec elles pour que le refus de voir, le refus d’entendre, la volonté de cacher ou de masquer les faits, la réticence à les dénoncer publiquement disparaissent des attitudes des autorités ecclésiales, des prêtres et des acteurs pastoraux, de tous les fidèles. Croyez que je suis le porte-parole des évêques.

Mesdames et Messieurs, personnes victimes qui vous tenez là au milieu de nous ce matin, vous, dont je connais le nom et le prénom de quelques-unes et de quelques-uns, vous avec qui j’ai travaillé et d’autres évêques avec moi au long de ces dernières années, mon désir en ce jour, est de vous demander pardon. Pardon à chacune et à chacun. Mais je sais qu’à travers vous, ce sont des milliers d’autres qu’il me faut évoquer, certaines ou certains empêchés à jamais de parler.

Nous, évêques, voulons assurer ceux et celles qui parleront un jour, quel qu’il soit, qu’ils seront entendus, écoutés, pris au sérieux et que leur parole ne restera pas sans effet. L’écart entre nos constats de ces dernières années, à travers les récits entendus ou lus, et les chiffres établis désormais par la CIASE nous persuade que le travail de purification nécessaire doit être poursuivi sans relâche.

La CIASE a accompli un travail formidable. Nous savons qu’il fut éprouvant tant la réalité à mettre au jour dépassait en horreur et en tristesse ce qui pouvait être attendu. Nous remercions la Commission dans son ensemble d’avoir mené à bien une telle tâche et chacun de ses membres qui a fait bénéficier la Commission de sa disponibilité et de sa compétence.

L’Église catholique en France leur doit à tous et à chacune et chacun beaucoup.

Nous remercions aussi les chercheurs de l’École pratique des hautes études et de l’Inserm, les sondeurs et les analystes de l’Ifop qui ont aidé la CIASE dans les parties plus techniques de son travail. Nous mesurons combien toutes celles et tous ceux qui ont contribué à ce rapport portent en eux profondément l’impact des faits qu’ils ont dû constater.

Le rapport de la CIASE, au-delà de la description chiffrée du phénomène, doit être lu avec attention. Nous, les évêques, allons y consacrer du temps en vue de notre assemblée plénière au début du mois de novembre et très au delà, bien sûr. Nous étudierons les analyses proposées et les préconisations faites, l’évaluation donnée des mesures que déjà nous avons prises.

Ce que nous avons décidé en mars dernier est déjà en partie mis en place : transformation de la cellule permanente en un Conseil pour la prévention et la lutte contre la pédophilie, engagement à la construction d’un lieu mémoriel, poursuite de l’écoute des personnes victimes à l’échelle des diocèses et des congrégations mais aussi à l’échelle nationale, mise en place d’un service de prévention et de lutte contre la pédophilie, avec un service d’écoute national et la création d’un tribunal pénal canonique national, un travail continué avec les personnes victimes et avec des experts en tous domaines.

Nous avions décidé de revoir notre manière de comprendre et de présenter le ministère sacerdotal, celui des évêques et celui des prêtres ; le rapport de la CIASE nous appelle à plus de lucidité encore. Le temps de la naïveté et des ambiguïtés est dépassé.

Avec les catholiques de France et tous les Français, nous découvrons l’effrayant tableau qui est mis ce matin sous nos yeux. L’intrusion d’un adulte dans le développement affectif et sexuel d’un enfant ou d’un jeune est toujours une violence qui produit un traumatisme que ce jeune en grandissant ne pourra surmonter qu’au prix de grandes et terribles dépenses psychiques et spirituelles. Lorsque l’adulte en question est un membre de la famille, un père ou un oncle estimé, le traumatisme est plus grand encore. Il est augmenté dans des proportions exponentielles lorsque l’auteur est un prêtre ou un religieux.

De ces faits, nous avons une vive conscience.

Nous invitons les catholiques à lire ce rapport, à le lire avec nous. Nous avons invité aujourd’hui des personnes représentatives des institutions de notre pays. Le résultat du travail de la CIASE intéresse toute la société. Il met gravement en cause l’Église catholique ; il apporte aussi des éléments de travail et de réflexion pour toutes les composantes de notre vie sociale.

Je voudrais, au nom des évêques, dire aux prêtres, aux religieux et religieuses, combien nous comptons sur eux et sur elles pour recevoir ce rapport et y puiser avec courage et force de quoi s’engager avec plus de justesse encore. Dans leur immense majorité, ils sont de bons serviteurs. Ils ont donné et donnent leur vie pour servir celles et ceux à qui ils sont envoyés par le Christ Jésus. Ils mettent tout leur être à la disposition du Seigneur pour que celui-ci apporte sa grâce à ceux et celles qui l’acceptent. Notre engagement à tous dans le célibat est un choix d’amour, de délicatesse, de respect, d’humilité. Que certains parmi nous aient pu ou puissent détourner leur ministère au service de leurs pulsions nous accable, nous déchire le cœur. Cela nous oblige aussi à nous examiner chacun plus que jamais pour vérifier les moindres de nos comportements. Nous avions décidé en avril dernier d’évaluer à nouveaux frais nos relations d’autorité. Dans l’immense recomposition pastorale que nos diocèses et nos congrégations religieuses vivent, nous recevons l’amère lumière du rapport de la CIASE comme une exigence de Dieu.

L’ampleur du phénomène des violences et agressions sexuelles mise au jour aujourd’hui par la Commission que les évêques de France et les supérieurs religieux ont voulue révèle que toutes les relations structurantes de l’humanité peuvent être déviées et se transformer en relations de prédation et qu’elles le sont, il faut le constater, dans une proportion qui ne peut pas être tenue pour négligeable. La paternité, la maternité, l’engendrement, la relation éducative peuvent toujours être dévoyées, tant peut être grande la force qui pousse un être humain à dominer, à détruire, à assouvir ses désirs, tant est complexe et parfois compliqué le chemin qui permet de devenir des hommes et des femmes de paix et de justice.

Nous implorons de Dieu sa grâce, c’est-à-dire sa consolation et sa force, pour que nous puissions laisser la lumière pénétrer les zones les plus obscures. Que jamais nous ne renoncions à la clarté. Que jamais nous ne nous résignions à l’ambiguïté. Nous travaillerons, en lien avec l’Église universelle, notre théologie du sacerdoce baptismal et du sacerdoce apostolique. Nous voulons encore et toujours servir le Christ en son sacrifice : il a donné sa vie pour ouvrir l’espérance que le mal et la violence ne l’emporteront pas au terme de l’histoire et que les petits et les oubliés de l’histoire seront les premiers dans la lumière.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort,
Archevêque de Reims,
Président de la Conférence des évêques de France

Source : https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/519242-reception-du-rapport-de-la-commission-independante-des-abus-sexuels-dans-leglise-allocution-de-mgr-eric-de-moulins-beaufort/

Réaction du Pape François – 5 octobre 2021

« Le Saint-Père a été informé de la sortie du rapport de la Ciase, à l’occasion de ses rencontres, ces jours derniers, avec les évêques français en visite ad limina. Et c’est avec douleur qu’il a pris connaissance de son contenu », a informé dans une déclaration Matteo Bruni, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.

« Ses pensées se tournent en premier lieu vers les victimes, avec un immense chagrin pour leurs blessures et gratitude pour leur courage de dénoncer. Elles se tournent aussi vers l’Église de France, afin que, ayant pris conscience de cette effroyable réalité et unie à la souffrance du Seigneur pour ses enfants les plus vulnérables, elle puisse entreprendre la voie de la rédemption », affirme encore Matteo Bruni.

« Par ses prières, le Pape confie au Seigneur le Peuple de Dieu qui est en France, tout spécialement les victimes, pour qu’Il leur accorde le réconfort et la consolation et afin que, avec la justice, puisse s’accomplir le miracle de la guérison ».

Source : www.vaticannews.va