Feuille de quinzaine n°462

9 au 23 janvier 2022

« Un drôle de paroissien ! »

Le titre de ce film de 1963 est encore dans les mémoires de Saint Leu : il fut tourné ici !                                                                           Le merveilleux Bourvil « s’arrangeait » (à sa façon) avec le Bon Dieu…

En recevant le baptême de la part de Jean Baptiste, Notre Seigneur souhaitait-il seulement devenir un paroissien comme les autres ?

Notre sacrement de baptême nous débarrasse du péché originel, nous fait entrer dans l’Église, et nous permet de devenir enfant de Dieu. Donc, aucune utilité pour le Christ, qui n’est marqué d’aucun péché, qui crée l’Église et n’a nul besoin d’y faire son entrée, et qui est Fils de Dieu de toute éternité !

Mais Jésus a voulu recevoir ce baptême, situé entre ces deux mystères essentiels : Incarnation et Rédemption. Deux scandales aux yeux de beaucoup d’hommes aujourd’hui. Comment un Dieu peut-il se faire si proche des hommes ? Et pourquoi donc les hommes auraient besoin d’être sauvés ?

Saint Paul a tout compris lorsqu’il écrit à Tite (notre lecture de ce dimanche) « Par le bain du baptême, le Christ nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint… Il s’est donné pour nous, afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien ».

Ce qui se passe au moment du baptême du Christ dans les eaux du Jourdain, est essentiel : Jésus adopte la position du pénitent : ce pécheur qui prend conscience de son péché et s’humilie devant Dieu. Notre démarche de contrition n’est jamais tout à fait réussie, tandis que l’accomplissement du Christ sur la croix est cet acte unique et salvateur pour le monde entier,  jusqu’à la fin des temps. Et le baptême au Jourdain en est une étape annonciatrice.

Saint Paul continue auprès de Tite, en l’appelant  « son frère, son véritable enfant » : « Par la grâce du Saint Esprit, nous sommes devenus des justes, et nous possédons dans l’espérance, l’héritage de la vie éternelle. »                                                                                                              L’indélicat paroissien du film célèbre, aurait-il renoncé à ses méfaits, s’il s’était rendu compte qu’un tel héritage était à sa disposition ?

Dans cette perspective, avec gratitude,  prions devant les crèches, présentes encore quelques jours. La Présentation de Jésus au Temple marquera une nouvelle étape vers la Passion Rédemptrice. C’est, à nouveau, une bonne nouvelle !

Nos vœux chaleureux, notre prière fidèle vous accompagnent.                                                                                       A.B.+ et toute l’équipe pastorale de Saint Leu.

Feuille de quinzaine

N°1 -2022 du 26 décembre 2021 au 16 janvier 2022

« Noël……. Dieu avec nous. »

Que fêtons-nous le jour de Noël. Noël, c’est la naissance de Jésus à Bethléem qui attire le plus l’attention. Partout, on aperçoit des décorations qui nous invitent à rester dans l’ambiance de cette fête. Mais pour nous que signifie exactement « cette fête de Noël » ?

On l’appelle aussi la fête de la Nativité, l’Incarnation du Fils de Dieu. Mais quelle que soit son appellation, elle reste toujours un grand mystère pour nous étant donné que Dieu naît dans le temps, que le maître de l’histoire veut rejoindre ses créatures. Et Lui notre Dieu si grand veut se faire si petit. Alors il n’est pas étonnant que beaucoup avaient du mal à accepter une telle réalité. Mais malgré tout, chaque année nous fêtons Noël et nous adorons un bébé adorable dans une mangeoire qui n’est autre que « notre Seigneur et notre Dieu. »

Cette fête est aussi le moment des cadeaux. A vue d’œil, ça tombe bien. Dieu nous a offert le plus beau des cadeaux qui lui est le plus cher. Et nous a offert aussi la vie. Ce n’est pas pour rien si on célèbre la fête de la Nativité quelques jours avant le nouvel an. Avec cette naissance de Jésus, Dieu nous ouvre toujours un nouvel élan et encore plus pour que nous ayons la prospérité, la réussite.

Nous avons affronté tellement de choses l’année passée. Il nous reste encore un long chemin à faire sur lequel Dieu nous invite à construire un monde fraternel. Tout ira bien si nous laissons Jésus naître au plus profond de nous tout au long de cette nouvelle année. Car cette sagesse divine nous portera loin. Ce n’est plus la peine de courir pour aller plus vite, il suffit de marcher doucement pour aller plus loin en suivant cette étoile qui nous guide chaque jour.

« L’Emmanuel » nous accompagne dans tous nos projets si nous lui faisons confiance. Les anges ont chanté « paix sur la terre », cette paix que nous nous souhaitons pour cette année 2022. Et pourtant pour obtenir le meilleur il faut parfois traverser le pire. Alors que cette naissance de Dieu fait homme nous redonne la force, le courage et l’espérance pour avancer au large. Ne laissons pas Noël être pollué par la tristesse disait le Pape François car il n’est jamais trop tard pour commencer, il n’est jamais trop tard pour être heureux.

En ces jours, Jésus continue à venir pour nous et pour l’humanité entière, alors accueillons-le avec joie. Et n’oublions pas nos tâches pour cette nouvelle année : sourire, être heureux, respirer le bonheur, donner, respecter, ne pas juger, positiver la vie, avoir la joie de vivre.

Joyeux Noël et bonne année à tous !

                                                                                                                                  Fr Odon o.ss.t

Feuille de quinzaine n°460

12 au 28 décembre 2021

Et vous, que diriez vous sur Jean Baptiste ?

L’évangéliste Luc le présente avec solennité : « L’an quinze de Tibère César, Pilate étant gouverneur de Judée…, la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie… ».
Tant de tableaux célèbres le montrent, enfant, jouant avec le Seigneur Jésus, son cousin.
Puis sa tenue, son mode de vie pourraient nous déconcerter : il est vêtu bizarrement, et mange des sauterelles. Mais ces précisions nous sont données pour mieux comprendre que Jean Baptiste est prophète et qu’il en a les caractéristiques. (2 Rois 1,10).

A Jésus, il pose cette question essentielle : « Es-tu celui qui doit venir ? ».
Il va connaître le martyr, avant même la mort de Jésus.
Là encore Jean Baptiste mérite vraiment le nom de « précurseur ».
Ainsi identifié, Jean Baptiste est aussi celui qui annonce la Bonne Nouvelle, l’Evangile : la venue du Messie.

Le prince de la paix qui est attendu est celui qui baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il amasse le bon grain et brûlera la paille. Ce qui est annoncé n’est donc pas un mode de vie, un comportement chrétien, aussi édifiant qu’il soit, mais un évènement qui doit surgir.
Tout s’écroulait au moment où Jean Baptiste prêchait !

C’était la fin des prophètes et des rois ; ce peuple, installé par le Seigneur dans ce pays où ruisselaient le miel et le lait, avait pu y revenir et y vivre quelques temps paisiblement. Mais voici que les puissances hostiles semblaient prendre le dessus.

Cette atmosphère de fin de civilisation nous fait penser à ce que nous vivons en ces jours. Aujourd’hui, 2000 ans après Jean le Baptiste, les chrétiens se contentent souvent de quelques « valeurs » altruistes communes, comme si la Foi était encore universellement partagée. IIlusion grossière, dont aucune démarche de Foi authentique ne saurait se contenter.

La question essentielle n’est-elle pas de reconnaître, ou non, que Dieu est présent et agissant dans ce monde ? Et que toute l’histoire des hommes conduit à cette expérience unique : Dieu est avec nous ! Emmanuel !
Quand Jésus approche du Jourdain, Jean Baptiste comprend alors l’urgence de la conversion et de l’indispensable engagement de chacun à la suite du Christ.

Que serait donc Noël, sans cette dimension : une simple trêve des confiseurs ? Ma prière chaleureuse vous accompagne pour ce temps de Noël :

« Que le Seigneur fasse briller sur nous son visage » ( livre des Nombres, chap 6). A.B.+

Nouvelle traduction du Missel : « Une opportunité pastorale à saisir »

Pour faire suite à l’article sur l’expression « consubstantiel au Père », voici un article de Paris Notre Dame du Chanoîne Jérôme Bascoul sur l’opportunité que représente pour nous cette nouvelle traduction du missel Romain

Propos recueillis par Charlotte Reynaud

https://www.paris.catholique.fr/-paris-notre-dame-.html

Les martyrs de la rue Haxo

Le 26 mai 1871, lors de la Commune de Paris, cinquante otages sont fusillés, rue Haxo. Parmi eux : trente-six gendarmes, quatre civils et dix ecclésiastiques. Les dix ecclésiastiques ont fait l’objet, par leurs congrégations respectives, de procès en béatification. Le 25 novembre 2021, le pape François a reconnu le martyre du Père Planchat et de quatre religieux de Picpus.

Après des années de vicissitudes, la cause du père Planchat et des quatre religieux picpuciens est reprise en 2008. La cause a reçu l’approbation des Consulteurs historiques de la Congrégation des Causes des Saints en 2020, et celle des Consulteurs théologiques le 11 mai 2021. Le pape François a reconnu le martyre du Père Planchat et de quatre religieux de Picpus le 25 novembre 2021.

Retrouvez tous les documents sur le site de l’église catholique à Paris

Feuille de quinzaine n° 458

28 novembre au 11 décembre 2021

Restez éveillés…

Au milieu de l’agitation commerciale en préparation de Noël, guirlandes, confiseries, cadeaux, suggestions…, le Seigneur nous invite, à travers les textes des liturgies de l’Avent, à regarder en avant et à vivre ce temps précieux de l’attente de la venue du Seigneur, non seulement de sa naissance sur la terre, mais de celle à venir, comme le dit l’apôtre Paul dans la lecture des Thessaloniciens du 1er dimanche de l’Avent: «Qu’il affermisse vos cœurs, les rendant irréprochables en sainteté devant Dieu notre Père, lors de la venue de notre Seigneur Jésus avec tous les saints du ciel » (I Th.3,13).

L’évangile reprend : « Vous verrez le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire »( Luc 21,27).

Les textes du 2ème dimanche de l’Avent insistent : « Celui qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus » (Ph 1,6).

À chaque eucharistie, au moment de la consécration, nous prions : « Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta Résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ».

Nous attendons ta venue dans la gloire, c’est bien ce que cette période de l’Avent qui s’ouvre devant nous nous invite à creuser :

  • –  Qu’attendons-nous en vérité ?
  • –  Quelle est notre foi en cette venue de Jésus dans la gloire ?
  • –  Qu’est-ce que cela veut dire pour chacun de nous ?
  • –  Sommes-nous comme les apôtres, qui posent la question à Jésus : « Est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir la royauté pour Israël ? » (Ac.1,6) Tentation subtile qui nous guette du désir d’une restauration terrestre du Royaume devant la situation présente et toute la détresse dans laquelle nous sommes. Pour ne pas succomber, écoutons encore ce que nous dit Jésus : « Restez éveillés et priez en tout temps » (Lc 21,36).

Sr Hu-Do