Méditation du dimanche 26 juin par le frère Thierry

Le trésor et la perle
Un paysan et un marchand trouvent chacun un trésor.


Le premier le trouve par hasard au milieu des ronces et des pierres. Mais ce champ ne lui appartient pas. Tandis que le second, en fin connaisseur, passionné et déterminé, faisait le tour du monde pour trouver la perle rare. Deux manières qui semblent contradictoires, mais l’Evangile est libérateur. La rencontre avec Dieu ne supporte pas les statistiques, chacun peut le trouver ou être trouvé par lui, frappé par une lumière comme sur le chemin de Damas, ou trouvé dans la vie quotidienne, un Dieu qui passe, comme le dit Thérèse d’Avila, “par les casseroles de la cuisine”, là où nous vivons, travaillons et aimons, comme un paysan patient.
Trésor et perle : de beaux noms choisis par Jésus pour exprimer l’heureuse révolution qu’apporte l’Evangile à la vie. La foi est une force vitale qui nous change la vie. Et la fait danser.
“Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ.” La joie est le premier don que donne ce trésor. Par elle, le paysan court, vole, se meut et vend tous ses biens sans aucun regret, sans renoncement (Jésus ne demande jamais de sacrifices quand il parle du Royaume). Il semble plutôt qu’il y ait là le débordement d’un nouvel avenir, d’une joyeuse espérance.
Rien n’est rejeté. Le paysan comme le marchand vendent tout, mais pour tout gagner. Ils laissent beaucoup, énormément, mais pour en gagner plus. Ils ne perdent rien, ils l’investissent. Ainsi les chrétiens choisissent et investissent bien et ils gagnent. Ils ne sont certes pas meilleurs que les autres, mais ils sont plus riches car ils ont investi dans un trésor d’espérance, de lumière, de cœur. Les disciples ne possèdent pas dans leurs poches toutes les solutions, mais ils cherchent. Croire est un verbe dynamique, il faut toujours bouger, toujours chercher, se projeter, pêcher, travailler le champ, découvrir toujours, marcher toujours, sortir du nouveau et de l’ancien du trésor.
Ces paraboles me rappellent un épisode arrivé à un étudiant en théologie lors de son examen de pastorale. Après avoir brillamment répondu à toutes les questions, la dernière question du professeur va le déstabiliser : “Comment expliqueriez-vous à un enfant de six ans pourquoi vous suivez le Christ et l’Évangile ?”. L’étudiant commence par trouver des réponses de haute théologie, citant des textes et des documents. À la fin, le professeur reprenant la parole lui dit : «dites-lui ceci: je le fais pour être heureux !». Voilà la promesse ultime de ces deux paraboles du trésor et de la perle, qui font fleurir la vie.
En ce temps difficile que nous vivons, l’Évangile, lui, ose annoncer des trésors. Il nous dit que le résultat de l’histoire sera bon, malgré tout bon. Parce que celui qui nous prépare des trésors, sème des perles dans la mer de notre existence.
Bon dimanche
fr. Thierry, O.SS.T.