92 rue Saint-Denis, 75001 Paris

Accueil > ACTIVITES PAROISSIALES > Le Renouveau charismatique fête son jubilé d’or avec le Pape

Le Renouveau charismatique fête son jubilé d’or avec le Pape

Cinq jours de rencontres et célébrations œcuméniques, voulues expressément par le Saint-Père, marquent ce 50e anniversaire.
La communauté de St Leu y est !!!!

http://www.ktotv.com/renouveau-charismatique

Le Renouveau charismatique catholique fête cette année ses 50 ans, événement dans lequel le pape François a voulu s’impliquer personnellement en organisant un grand rassemblement œcuménique à Rome, les 3 et 4 juin, à l’occasion de la Pentecôte. Ce rassemblement, organisé par l’ICCRS (International Catholic Charismatic Renewal Services) et la « Catholic Fraternity », drainera des catholiques charismatiques venus du monde entier ainsi que des représentants du monde évangélique et pentecôtiste, à la demande expresse du Saint-Père.

Le Renouveau charismatique, ou Renouveau dans l’esprit, est né de l’expérience d’un groupe d’étudiants catholiques parti faire « l’expérience de l’effusion de l’Esprit » à l’université Duquesne de Pittsburg, aux États-Unis, en février 1967. Ces étudiants reviendront de leur retraite transformés « dans leur cœur » par la « puissance de Dieu ». Leur expérience se répandra dans les paroisses et dans les communautés du monde. Le Renouveau est aujourd’hui présent dans 200 pays et rassemble plus de 120 millions de catholiques.


50 ans de changement dans l’Église
Le jubilé d’or du Renouveau s’ouvre ce mercredi 31 mai par l’audience générale avec le Pape place Saint-Pierre. Puis suivra un long programme de rencontres, conférences, ateliers et célébrations, organisées dans différentes églises de Rome, au cours desquels, pendant trois jours, interviendront des personnes qui ont connu le mouvement à ses débuts et témoigneront, ainsi que des représentants de divers mouvements internationaux qui lui sont liés. L’événement se conclura samedi soir, 3 juin, par une grande veillée avec le Pape au grand Cirque Maximus, et le lendemain par la célébration de la messe de Pentecôte, place Saint-Pierre.

« C’est du pape François qu’est partie en 2014 l’invitation à cette grande fête et nous avons hâte de célébrer notre jubilé », explique Gilberto Gomes Barbosa, président de la « Catholic Fraternity », dans des propos rapportés sur le site de la communauté de l’Emmanuel. « Nous sommes un don pour l’Église, mais nous avons aussi affronté de nombreuses difficultés pour être ce que nous sommes devenus. Le Pape a dit qu’en ces 50 ans beaucoup de choses ont changé dans l’Église. Et cela aussi grâce à la contribution du Renouveau charismatique ».

« Au début je n’aimais pas… »
Pour comprendre l’initiative « inédite » du pape François, il faut revenir à l’époque où celui-ci était archevêque de Buenos Aires, en Argentine. Alors cardinal, Jorge Mario Bergoglio avait personnellement fait l’expérience de l’effusion de l’Esprit au cours d’un grand rassemblement œcuménique. Rassemblement auquel il avait convié divers responsables de différentes Églises. Cette expérience, vécue dans un contexte de communion avec les Églises évangéliques, restera ancré en lui. Pour lui, le Renouveau n’est pas un mouvement comme les autres. C’est « un courant de grâce », comme le courant de « grâce providentielle » décrit par les membres du mouvement à ses débuts. Et cette expérience du Pape est d’autant plus significative qu’au début de sa création, « il n’aimait pas beaucoup » le mouvement qui lui faisait penser à « une école de samba », a-t-il avoué en 2014, en recevant plus de 50 000 membres du Renouveau, précisant « je ne partageais pas leur façon de prier mais après j’ai commencé à les connaître et j’ai compris le bien que le Renouveau charismatique fait à l’Église ».

Unité dans la diversité
« Le Pape nous a demandé de penser à un jubilé qui soit le plus inclusif possible », a souligné Michelle Moran, présidente de l’ICCRS en présentant l’initiative devant la presse, « il attache une grande importance au thème de l’unité ». Ainsi, en dehors des rencontres avec le Pape, le programme prévoit de mettre en relief cet aspect unitaire « dans la diversité » qui fait la particularité du Renouveau, comme souligné par le Saint-Père, lors d’une rencontre avec les membres de la branche italienne du mouvement, en juillet 2015. « Unité dans la diversité des expressions de la réalité, autant que l’Esprit saint a voulu en susciter », avait-il souligné, « et vous, les charismatiques, vous avez une grâce spéciale pour prier et travailler pour l’unité des chrétiens, parce que le courant de grâce traverse toutes les Églises chrétiennes ».

« Une chance pour l’Église »
Ce jubilé d’or, en 2017, a souligné le Pape, est « une chance pour l’Église ». Elle est l’occasion de « rendre grâce à l’Esprit saint qui a fait don de ce courant de grâce pour l’Église et pour le monde », et de « célébrer toutes les merveilles qu’Il a produites, transformant la vie de millions de chrétiens ». L’événement promet une couverture exceptionnelle. Durant les cinq jours du jubilé, toutes les interventions et homélies seront enregistrées dans différentes langues et ensuite publiées sur le site TV de l’ICCRS. Les principales célébrations pourront être visionnées en direct sur ce site.

Catéchèse du pape François

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans l’imminence de la solennité de la Pentecôte, nous ne pouvons pas ne pas parler du rapport qu’il y a entre l’espérance chrétienne et l’Esprit Saint. L’Esprit est le vent qui nous pousse en avant, qui nous maintient en chemin, nous fait nous sentir pèlerins et étrangers et qui ne nous permet pas de nous installer et de devenir un peuple « sédentaire ».

La lettre aux Hébreux compare l’espérance à une ancre (cf. 6,18-19) ; et à cette image, nous pouvons ajouter celle de la voile. Si l’ancre est ce qui donne à la barque la sécurité et qui la tient « ancrée » dans l’ondulation de la mer, la voile, elle, est ce qui la fait se mouvoir et avancer sur les eaux. L’espérance est vraiment comme une voile ; elle recueille le vent de l’Esprit Saint et le transforme en force motrice qui pousse la barque, selon les cas, au large ou vers la rive.

L’apôtre Paul conclut sa Lettre aux Romains avec ce vœu : entendez bien, écoutez bien comme c’est beau : « Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de paix dans la foi, afin que vous débordiez d’espérance par la puissance de l’Esprit Saint » (15,13). Réfléchissons un peu au contenu de cette très belle parole.

L’expression « Dieu de l’espérance » ne veut pas seulement dire que Dieu est l’objet de notre espérance, à savoir celui que nous espérons rejoindre un jour dans la vie éternelle ; cela veut aussi dire que Dieu est celui qui, dès maintenant, nous fait espérer, ou plutôt nous donne « la joie de l’espérance (Rm 12,12) : la joie maintenant d’espérer et pas seulement espérer d’être joyeux. C’est la joie d’espérer et non espérer d’avoir la joie, dès aujourd’hui. « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espérance », dit un dicton populaire ; et le contraire est aussi vrai : tant qu’il y a de l’espérance, il y a de la vie. Les hommes ont besoin d’espérance pour vivre et ont besoin de l’Esprit Saint pour espérer.

Saint Paul – avons-nous entendu – attribue à l’Esprit Saint la capacité de nous faire carrément « déborder d’espérance ». Déborder d’espérance signifie ne jamais se décourager ; cela signifie espérer « contre toute espérance » (Rm 4,18), c’est-à-dire espérer même quand tout motif humain d’espérer diminue, comme ce fut le cas pour Abraham quand Dieu lui a demandé de lui sacrifier son fils unique, Isaac, et comme ce fut encore plus le cas pour la Vierge Marie sous la croix de Jésus.

L’Esprit-Saint rend possible cette espérance invincible en nous donnant le témoignage intérieur que nous sommes enfants de Dieu et ses héritiers (cf. Rm 8,16). Comment celui qui nous a donné son fils unique pourrait-il ne pas nous donner tout le reste avec lui (cf. Rom 8,32). « L’espérance – frères et sœurs – ne déçoit pas : puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5). C’est pourquoi il ne déçoit pas, parce qu’il y a l’Esprit Saint en nous qui nous pousse à aller de l’avant, toujours ! Et pour cela, l’espérance ne déçoit pas.

Il y a plus : l’Esprit ne nous rend pas seulement capables d’espérer, mais aussi d’être des semeurs d’espérance, d’être nous aussi – comme lui et grâce à lui – des « paraclets », c’est-à-dire des consolateurs et défenseurs de nos frères, semeurs d’espérance. Un chrétien peut semer de l’amertume, il peut semer de la perplexité et cela n’est pas chrétien, et qui fait cela n’est pas un bon chrétien. Il sème de l’espérance : il sème l’huile de l’espérance, il sème le parfum de l’espérance et non le vinaigre de l’amertume et du dés-espoir. Le bienheureux cardinal Newman, dans un de ses discours, disait à ses fidèles : « Instruits par notre propre souffrance, par notre douleur, ou plutôt par nos péchés, nous aurons l’esprit et le cœur exercés à toutes les œuvres d’amour envers ceux qui en ont besoin. Nous serons, à la mesure de notre capacité, consolateurs à l’image du Paraclet – c’est-à-dire l’Esprit Saint – et dans tous les sens que comporte ce mot : avocats, assistants, porteurs de réconfort. Nos paroles et nos conseils, notre manière de faire, notre voix, notre regard, seront gentils et tranquillisants » (Parochial and plain Sermons, vol. V, Londres 1870, pp. 300s.). Et ce sont surtout les pauvres, les exclus, les non-aimés qui ont besoin de quelqu’un qui se fasse pour eux « paraclet », c’est-à-dire consolateur et défenseur. Nous devons faire la même chose avec les plus démunis, avec les plus rejetés, avec ceux qui en ont le plus besoin, ceux qui souffrent le plus. Défenseurs et consolateurs !

L’Esprit-Saint alimente l’espérance non seulement dans le cœur des hommes, mais aussi dans la création tout entière. L’apôtre Paul dit – cela semble un peu étrange, mais c’est vrai : que même la création « attend avec impatience » la libération et qu’elle « gémit et souffre » comme dans les douleurs d’un enfantement (cf. Rm 8, 20-22). « « L’énergie capable de faire bouger le monde n’est pas une force anonyme et aveugle, mais c’est l’action de l’Esprit de Dieu qui « planait sur les eaux » (Gen1,2) au commencement de la création » (Benoît XVI, Homélie, 31 mai 2009). Cela aussi nous pousse à respecter la création : on ne peut barbouiller un tableau sans offenser l’artiste qui l’a créé.

Frères et sœurs, que la fête prochaine de la Pentecôte – qui est l’anniversaire de l’Église – nous trouve unanimes dans la prière, avec Marie, Mère de Jésus et notre Mère. Et que le don de l’Esprit nous fasse abonder dans l’espérance. Je vous dirai encore plus : qu’il nous fasse gaspiller l’espérance avec tous ceux qui sont dans le besoin, les plus rejetés et pour tous ceux qui en ont besoin. Merci.