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Chemin de croix, chemin de vie

Pour le dimanche des Rameaux, le Père Didier Noblot nous propose une réflexion sur l’Evangile du jour.

Foule en liesse acclamant un messie. Foule en délire vociférant « à mort, crucifie-le ! » Du dimanche des Rameaux au chemin de croix, serait-ce la même foule, serait-ce le même chemin ?

Le terme du chemin ce n’est pas la mort, c’est la vie !


Jésus a porté sa croix. Le bois est lourd et fait tomber la victime à bout de force. Nous n’avons pas à nous culpabiliser d’être parfois à bout. Nos forces humaines sont limitées. Cette certitude rappelle que nous pouvons apprendre à compter sur les autres ; pour Jésus ce sera Simon de Cyrène. Le Christ est tombé et même trois fois !

A première vue, la mort du Christ apporte une fracture de plus. Celui vers qui tous les espoirs se tournaient est mort, séparé de sa mère et de ses disciples. Pourtant cette déchirure de la passion, le chemin de la croix n’est pas la consécration de la division et du chaos.

Bien au contraire, la croix engendre une humanité nouvelle. Comme l’a rappelé le Pape François dans son homélie lors de la messe d’inauguration de son pontificat, nous sommes les gardiens les uns des autres. Nous sommes invités à prendre le chemin du service « qui a son sommet lumineux sur la croix. » Le Christ est mort pour réunir dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. Le projet de Dieu est par-dessus tout un dessin d’unité et de réconciliation. Le signe de croix nous appelle à passer des ténèbres à la lumière, de la captivité à la liberté, finalement de la mort à la vie. Le terme de la montée au Calvaire ce n’est pas la croix, c’est la vie. Au matin de Pâques, le tombeau est vide. Comme le criera Marie-Madeleine, « Il est vivant ! »

De passages en passages, aller jusqu’au sommet du don !

Ceci dit, la foi chrétienne ne gomme ni la mort ni l’échec. Le roi des Rameaux n’est pas un roi à notre mesure, sa monture est un âne, son trône sera la croix. Voici notre Dieu, demain il sera crucifié. Entrons en communion avec Jésus, il est l’eucharistie du monde. La semaine sainte n’est pas une semaine parmi d’autres. Elle les irrigue toutes. Sur la croix, librement Jésus donne tout ! Comme l’affirme si bien la prière eucharistique n°2 : « Au moment d’être livré et d’entrer librement dans sa passion ».

Jésus passe du triomphe des Rameaux à l’humiliation de la croix. Tel est son chemin. Nous n’aurons certainement pas à cheminer selon la même modalité, mais nous aurons tous à envisager notre vie comme un chemin. Et de passages en passages, nous irons jusqu’au sommet du don.

Nous sommes en route vers notre terre promise. Le chemin de croix ne ment pas, il fut celui du Christ et de combien de femmes et d’hommes. Il ne conduit pas à la mort, mais à la résurrection. « A trop donner, il arrive que l’on n’ait plus rien à donner, à trop garder, il arrive qu’on n’ait plus de raison de vivre. »