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Le doute de Joseph par le Maître du Jardin du Paradis

Nous ne pouvons résister à vous présenter pour la 3e et dernière fois, une représentation du doute de saint Joseph. Réalisé par le Maître du Jardin du Paradis, le tableau que nous vous dévoilons aujourd’hui est conservé au musée de l’oeuvre de Notre-Dame de Strasbourg. Situé dans l’ambiance intime d’un intérieur, Joseph semble découvrir avec stupeur la grossesse de Marie. Une représentation originale où le songe de saint Joseph de déroule à l’instant même où il découvre la Vierge enceinte.

Réalisé par le Maître du Jardin du Paradis, le tableau que nous vous dévoilons aujourd’hui est conservé au musée de l’oeuvre de Notre-Dame de Strasbourg. Situé dans l’ambiance intime d’un intérieur, Joseph semble découvrir avec stupeur la grossesse de Marie. Une représentation originale où le songe de saint Joseph de déroule à l’instant même où il découvre la Vierge enceinte.

Les sources bibliques canoniques sur la grossesse de Marie sont peu nombreuses. Saint Luc, l’apôtre médecin, est le seul à avoir évoqué dans son évangile cette période de l’attente (I, 36-40 et 56-57). Les trois autres évangiles, de Mathieu, Marc et Jean passent totalement sous silence la grossesse de Marie, de même que la Visitation de Marie à Elisabeth.

Alors qu’il relate le mystère de l’Annonciation, Luc nous donne des repères chronologiques que Jacques complète dans son Protoévangile, vraisemblablement écrit dans la seconde partie du IIe siècle : quand l’ange Gabriel annonce à Marie qu’elle a été choisie pour concevoir le fils du Très-Haut, il l’informe aussi que sa parente Elisabeth est enceinte de six mois. Il y a donc six mois de différence entre les grossesses des deux femmes. « Ces jours-là », c’est-à-dire peu après cette annonce, Marie se rend chez Elisabeth ; c’est l’épisode de la Visitation. Marie passa les trois mois suivants auprès d’Elisabeth (Protév Je 12,3 ; 15, 1-4 ; 16, 1-3) et « de jour en jour son sein grossissait ». Remplie de crainte, elle retourna chez elle. Elisabeth accoucha dans les jours suivants. Peu après, Joseph rentra du chantier sur lequel il travaillait à Capharnaum. Il découvrit avec stupeur que Marie était au sixième mois de grossesse. (1)

C’est exactement cet épisode qui est magnifiquement représenté dans ce tableau.

Nous voyons Joseph, au moment où, saisi de doute à la vue de Marie enceinte, s’apprête à quitter sa demeure. Il est retenu par un ange qui, désignant de son index le ventre rond de la Vierge, l’instruit du Mystère.

Ce panneau, a été réalisé vers 1410-20 par un maître strasbourgeois resté anonyme. Il provient de l’ancien couvent de saint Marc et faisait probablement partie d’un grand retable dédié à la Vierge, aujourd’hui perdu.

La composition est divisée en deux parties inégales par une colonne, qui, dans son prolongement, sert de cadre à la scène. A gauche, Marie, plongée dans ses pensées, prépare la laine nécessaire à son ouvrage. A droite, Joseph, séparé d’elle par son établi couvert d’outils, s’apprête à quitter la maison mais un ange tenant un phylactère le retient. L’espace représenté est celui d’un intérieur bourgeois de l’époque. Mais la multitude d’objets quotidiens présents dans la pièce a ici valeur de symbole : la fontaine fermée, le petit arbuste dans son pot crénelé sont des symboles de la Virginité de Marie, les livres sont une allusion à la parole des Prophètes annonçant l’Incarnation.