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La Vierge de l’Annonciation par Antonello de Messine

La Vierge de l’Annonciation d’Antonello de Messine, réalisée à la fin XVe siècle, est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre du peintre. Le tableau, de petit format, constitue l’un des trésors de la Galleria Regionale della Sicilia à Palerme. Cette Annonciation est inédite car l’ange Gabriel n’est pas représenté, la scène étant entièrement centrée sur le visage et les expressions de la Vierge.

Le titre de la peinture, « Annunziata », interroge : est-ce une représentation de l’acceptation de Marie, qui vient d’écouter les paroles de Gabriel et accepte donc d’être « la servante du Seigneur » ou, au contraire, une Annonciation, qui échappe aux représentations traditionnelles, puisque l’ange est absent de l’espace du tableau ?

Ici, la Vierge Marie est cadrée à mi-corps, le tableau est entièrement centré sur son visage. La composition est très sobre : un fond sombre sur lequel s’inscrit le visage de la Vierge, ceint d’un voile bleue en forme de triangle.

Cette toile échappe à la représentation conventionnelle de l’Annonciation puisque l’ange Gabriel est absent. Marie lit un livre de prières et semble surprise en pleine lecture : quelque chose d’insolite se déroule hors champ et seule sa réaction est visible.

La page blanche, relevée, du livre donne l’impression d’un courant d’air. L’arrivée de l’ange ? Surprise, la Vierge, qui tournait les pages du livre, a relevé sa main droite tandis que sa main gauche s’emploie à ajuster son habit. Nous observons le trouble de Marie, comme si le spectateur devenait l’espace d’un instant, Gabriel lui-même.

Antonello de Messine cherche ainsi à rendre le bouleversement psychologique de Marie : l’étonnement, la peur, l’acceptation, le respect. Cette représentation de l’Annonciation est des plus étonnantes car elle cherche à rendre l’aspect psychologique de la Vierge à l’instant de l’Annonciation plus qu’à la représenter en servante du Seigneur.