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Le mariage, un chemin de sainteté

Depuis 2011, le P. Hervé Soubias est curé-recteur de la basilique de N.-D. des Victoires (2e), qui entretient un lien privilégié avec la famille Martin.

P. N.-D. – Les époux Louis et Zélie Martin seront canonisés à Rome, dimanche 18 octobre. Qui sont-ils ?

P. Hervé Soubias – Ce qui est intéressant, c’est que nous n’aurions jamais dû les connaître ! Tout comme nous n’aurions jamais dû connaître leur fille, religieuse dans un carmel relativement récent, à Lisieux : sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Et c’est grâce aux écrits, Histoire d’une âme et à une lettre de 1897 de Thérèse, qu’on a commencé à s’intéresser à Louis et Zélie Martin, qu’elle décrit « plus dignes du ciel que de la terre ». Ils ont en effet donné leur vie à Dieu et aux autres. Ils allaient, tous les jours et ensemble, à la première messe du matin, concevaient leur rôle de parents comme le fait de permettre à leurs enfants de devenir des saints, et ont eu une vie évangélique authentique. Ils ont mis en œuvre, notamment dans leur vie professionnelle, la doctrine sociale de l’Église : ils ne travaillaient pas le dimanche, traitaient avec respect les employés de l’entreprise de dentelle de Zélie et étaient toujours attentifs aux pauvres dont ils prenaient soin. Leurs procès de canonisation, ouverts en 1957, d’abord séparément, ont été associés à la demande du bienheureux pape Paul VI. Déjà béatifiés en 2008 ensemble, c’est donc en tant que couple qu’ils seront déclarés saints. Et c’est tout l’intérêt de cette canonisation, la première de l’histoire.

P. N.-D. – Justement, pour la première fois dans l’histoire, un couple est canonisé. Qu’est-ce que cela représente pour l’Église ?

P. H. S. – Je crois que c’est l’illustration directe de la doctrine de sainte Thérèse. De cette voie qu’elle a ouverte en montrant que la sainteté n’est pas réservée à une élite, à des gens particulièrement brillants, à des grands saints qui auraient fait des choses extraordinaires, mais qu’au contraire, elle est un appel proposé à chaque baptisé. Et cela rejoint évidemment l’intuition profonde du concile Vatican II qui parle, dans la constitution Lumen gentium, de l’appel universel à la sainteté. Organiser cette canonisation pendant le Synode sur la famille est une manière de donner la conscience vive aux familles du monde entier que le mariage est un chemin de sainteté. Et l’occasion de les confier à l’intercession de ces nouveaux saints qui sont des témoins extraordinaires de la beauté de l’amour humain.

P. N.-D. – Comment pouvons-nous, à Paris, nous associer à leur canonisation ?

P. H. S. – Il y a un lien très fort entre la famille Martin et la basilique N.-D. des Victoires (2e). C’est là, entre autres, que Louis venait prier quand il étudiait l’horlogerie, à Paris ; là qu’en novembre 1887, Thérèse a reçu la certitude que c’est bien la Vierge qui lui a souri et qui l’a guérie quatre ans plus tôt. Voilà pourquoi nous invitons largement les gens à venir prier, à la basilique, tout au long de ce week-end et, en particulier, le dimanche 18, auprès des reliques qui sont en permanence dans la chapelle dédiée à Louis et Zélie Martin. Il y aura, à 10h30, une prière d’action de grâce suivie d’une messe solennelle, à 11h, présidée par Mgr Renauld de Dinechin, évêque auxiliaire, qui donnera une catéchèse à 15h. Elle sera suivie d’un chapelet pour les familles, d’une heure d’adoration du Saint-Sacrement et des vêpres, à 17h. Une messe sera aussi célébrée, à N.-D. des Victoires, le vendredi 23 octobre, à 19h, en l’honneur des saints Louis et Zélie Martin, en présence de la petite Carmen, guérie par l’intercession des nouveaux saints – c’est le miracle retenu par le pape François pour la canonisation – et de ses parents.• Propos recueillis par Isabelle Demangeat