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En route avec les Mages

Un cheminement avec la communauté de St Leu pour ce Noël 2014

Le récit dans l’Evangile de Saint Matthieu

Chapitre 2
01 Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem
02 et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
03 En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.
04 Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.
05 Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
06 Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »

• L’étoile.

Les mages ont marché longtemps et peut-être même ont-ils marché de nuit, ce qui est normal pour suivre une étoile !
Ils viennent de l’Est ; ils ont quitté la lueur du soleil levant pour, à travers les ténèbres, marcher vers une autre lumière.
La vraie lumière du monde, c’est Jésus.

La marche est une réalité très importante non seulement dans l’Ecriture mais aussi dans la vie chrétienne. Elle est ce temps où Dieu conduit celui qui vient à sa rencontre. Par exemple, la marche vers la Terre promise, les foules qui viennent à Jésus, la route des pèlerins d’Emmaüs, ou tout simplement à cette courte distance qu’il nous faut parcourir pour rejoindre la messe du dimanche.
La marche des mages nous concerne tous, elle exprime notre désir de chercher Dieu

• L’Ecriture.
Cette fameuse étoile est le signe persistant qui va guider les mages mais elle ne sera pas le seul. En effet, avant de se rendre à Bethléem, il leur faudra interroger l’Ecriture, c’est à dire la Parole de Dieu, pour pouvoir reconnaître le Roi-Messie.

Nous aussi, nous sommes à la recherche de signes, mais rappelons-nous que c’est toujours en passant par le Christ que nous pourrons les interpréter.

A chaque eucharistie, à la fin de la prière Eucharistique (la III), le prêtre dit :
"nous espérons être comblés de ta gloire, tous ensemble et pour l’éternité, par le Christ, notre Seigneur, par qui tu donnes au monde, toute grâce et tout bien.
Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles. Amen."

• Jésus, le roi des Juifs.

Il apparaît que l’enfant qui vient de naître est désigné comme le roi des Juifs, comme le " Messie" et comme "le berger d’Israël".
Or, que voyons-nous ? Un enfant enveloppé de langes dans une mangeoire ou sur les genoux de sa mère.
Le dénuement de la crèche n’est pas une triste histoire d’économie domestique, il est l’abaissement du Fils de Dieu venu nous sauver jusqu’au dénuement de la Croix. On ne peut jamais séparer le mystère de l’Incarnation du mystère de Pâques.
C’est une royauté dépouillée de tous ses ornements de puissance comme celle des Rameaux :
" Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse…"
Le vrai roi de l’univers, le voici : c’est l’enfant de Bethléem.

• Les mages.

Venus de contrées lointaines, ces hommes sont des païens, c’est à dire qu’ils n’appartiennent pas au peuple d’Israël. Or, l’une des principales préoccupations de St Matthieu est d’annoncer le salut pour tous les hommes.
L’Epiphanie, la venue des mages, révèle que tout homme peut s’approcher du Sauveur et l’adorer. Hommes de toutes races, ils représentent aussi l’humanité dans toute sa condition, de la jeunesse à la vieillesse.
Il faut aussi comprendre que ces hommes, qui se sont mis en route guidés par l’étoile qu’ils ont vue apparaître dans leur pays, sont des savants qui scrutent le ciel pour comprendre l’univers, son organisation, son origine, son évolution. Ils vivaient très certainement au sein de cours brillantes, entourés de princes, de rois, de philosophes et d’érudits. Ils représentent les formes les plus élaborées du pouvoir : la connaissance et la richesse. C’est pourquoi la tradition populaire en a fait des rois.
Mais, à peine se sont-ils approchés de l’enfant qu’ils abandonnent tout signe de puissance et se prosternent devant Lui pour l’adorer.

• Pour aller plus loin :
1. Dans le livre des Nombres, Balaam prophétise :
"Un astre se lève, issu de Jacob, un sceptre se dresse issu d’Israël." Nb 24, 17b
Balaam, homme de Dieu, est un personnage important dans la mémoire du peuple d’Israël, il témoigne que Dieu donne son Esprit non seulement aux membres de Son peuple mais aussi à des hommes comme Balaam, qui sont totalement étrangers. Dieu est l’Unique Dieu, Il aime tous les hommes, Il veut bénir toutes les nations.
On retrouve la promesse faite à Abraham : Gn 15, 1-6
"Regarde le ciel et compte les étoiles si tu le peux…vois quelle descendance tu auras !"

2. En écho à la prophétie de Balaam, Zacharie, le père de Jean le Baptiste, parlera de
la naissance de Jésus en ces termes :
"Quand nous visitera l’astre d’en haut, pour illuminer ceux qui habitent la ténèbre et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la Paix." Luc 1, 78-79