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Ordination diaconale d’Akmal

Quelques photos de cette belle cérémonie

Dimanche 29 juin 2014

Ordinations diaconales en vue du presbyterat
D’Akmal Lal Din et Benjamin Osio
Dimanche 29 juin 2014
En l’église Sainte-Marie-du-Plant
Homélie de Monseigneur Michel SANTIER

1) Le récit dans les Actes des Apôtres de la persécution des membres de l’Eglise, de l’arrestation de Pierre et de sa délivrance n’est pas seulement un récit du passé, ces événements se vivent aujourd’hui, Akmal l’a vécu dans sa chair mais lui-même, avec du recul, peut dire que c’est vrai :
« le Seigneur a envoyé son ange, et il m’a arraché aux mains d’Hérode, et au sort qu’ils souhaitaient pour moi. »
2) De même le témoignage de l’Apôtre Paul est toujours vivant dans l’Eglise :
« J’ai échappé à la gueule du lion, le Seigneur me fera encore échapper à tout ce qu’on fait pour me nuire. »
« Tout le monde m’a abandonné, le Seigneur m’a assisté. »
La suite du Christ comporte un combat, un combat spirituel pour aller jusqu’à s’abandonner entre les mains de Dieu.
La grâce que Paul a reçu et dont il témoigne, c’est la grâce de l’Apostolat, la grâce d’annoncer l’Evangile à ceux qui ne connaissent pas le Christ.
« Le Seigneur m’a rempli de force pour que je puisse jusqu’au bout annoncer l’Evangile et le faire entendre à toutes les nations païennes. »
Cette vocation d’annoncer l’Evangile aux nations, jusqu’aux extrémités de la terre, est ce qui anime Benjamin qui fait partie d’une congrégation missionnaire, celle des Pères Spiritains, qui fêtait hier le 150ème anniversaire de sa présence à Chevilly-Larue dans notre diocèse.
Il sera appelé à annoncer l’Evangile au loin en quittant son pays, sa famille, comme Abraham, pour un autre pays ; à la rencontre d’hommes et de femmes, de jeunes d’une autre culture, il recevra beaucoup plus qu’il ne donnera.
Mais cette mission d’annoncer l’Evangile est partie intégrante du ministère diaconal que vont recevoir Akmal et Benjamin, le don de l’Esprit-Saint et l’imposition des mains de l’évêque, successeur des apôtres.
Cette mission d’annoncer la joie de l’Evangile dont personne ne peut être exclu et qui s’adresse à tous, selon le Pape François, va être signifiée dans le rite de l’ordination.
Je remettrai à chaque ordinand l’Evangéliaire accompagné de cette parole :
« Recevez l’Evangile du Christ que vous avez la mission d’annoncer. Soyez attentif à la parole que vous lirez, à enseigner ce que vous avez cru, à vivre ce que vous aurez enseigné. »
A l’Eucharistie, désormais vous proclamerez l’Evangile et vous serez appelés à prononcer l’homélie.
Selon le Pape François,
« Quiconque veut prêcher doit d’abord être disposé à se laisser toucher par la parole et à la faire devenir chair dans son existence concrète » (EG n°150).
Il ajoute (n°151) :
« Il est indispensable que le prédicateur ait la certitude que Dieu l’aime, que Jésus-Christ l’a sauvé, que son amour a toujours le dernier mot. »
« Le prédicateur doit aussi se mettre à l’écoute du peuple pour découvrir ce que les fidèles ont besoin de s’entendre dire. Un prédicateur est un contemplatif de la Parole et aussi un contemplatif du peuple. »
Mais l’annonce de l’Evangile ne comporte pas seulement la prédication mais aussi le fait de vivre le service de la charité envers les plus pauvres, ce qui est lié à l’Eucharistie, qui est l’école de l’amour.
« De même que Jésus a donné sa vie pour nous, de même nous devons donner notre vie pour nos frères. » nous dit l’apôtre Jean.
Si un jour vous êtes ordonnés prêtres, comme moi évêque, vous demeurez diacres, des serviteurs de l’Evangile et des serviteurs de vos frères ; car le diacre ne monopolise pas le service mais rappelle à toute l’Eglise que toute vie chrétienne, pour être évangélique, comporte un service de la fraternité, le service des plus petits, des plus fragiles, des malades, sinon la parole que nous annonçons n’est pas crédible.
3) Dans l’Evangile, Jésus interroge ses disciples et nous interroge, nous aussi, et les ordinands :
« Que disent les hommes au sujet du Fils de l’Homme ? »
Les réponses données sont objectives : comme extérieures à eux-mêmes :
« pour les uns, il est Jean-Baptiste, pour d’autres Elie, pour d’autres encore Jérémie ou l’un des prophètes. »
Alors Jésus dans une deuxième question cherche à les impliquer eux-mêmes et nous-mêmes aujourd’hui :
« Pour vous, qui suis-je ? »
Pierre prend la parole au nom des autres disciples, en notre nom, et comme le mot Eglise apparaît à deux reprises, au nom de l’Eglise :
« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
Cette réponse est celle des ordinands de ce jour, ils ne peuvent pas rester extérieurs à cette demande, elle les implique personnellement par l’engagement au célibat au début de cette célébration, par le dialogue avec l’évêque :
« voulez-vous conformer toute votre vie à l’exemple du Christ »,
ils ont répondu
« oui, je le veux avec la grâce de Dieu. »
Ils se sont prosternés, abandonnés entre les mains de Jésus en professant devant nous leur foi, leur attachement à Jésus, leur ferme disposition à le suivre toute leur vie.
« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
Ils ne peuvent le faire que par don, par grâce.
« Heureux es-tu car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. »
Mais cette question s’adresse à nous tous comme le rappelle le Pape François au début de la Joie de l’Evangile (N°3) :
« J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui sa rencontre personnelle avec Jésus-Christ, ou au moins prendre la décision de se laisser rencontrer personnellement par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. Il n’y a pas de motif pour lequel quelqu’un puisse penser que cette invitation n’est pas pour lui, parce que personne n’est exclu de la joie que nous apporte le Seigneur.
Celui qui risque le Seigneur ne le déçoit pas et quand quelqu’un fait un petit pas vers Jésus il découvre que celui-ci attendait déjà sa venue les bras ouverts. »

+ Mgr Michel SANTIER Evêque de Créteil