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Audience générale du pape : « L’appartenance à l’Église est notre nom de famille »

Pour ce qui devrait être sa dernière audience générale avant le mois d’août, le pape François a donné, le 25 juin, un deuxième volet à son enseignement sur l’Église. En rappelant qu’on n’est jamais chrétien tout seul.

Chaleur moite ce matin à Rome : sous un ciel lourd de nuages, la foule a déplié ses parapluies ou rabattu ses capuches pour les quelques gouttes qui font luire les pavés, alors que le pape apparaît tout sourire dans sa papamobile découverte. À son habitude, après avoir longuement visité les malades, le pape François sillonne les quelque trente mille pèlerins, bénissant, saisissant de temps à autre une main au passage, ou embrassant les enfants.

« Notre identité est appartenance »

Pour ce qui devrait être la dernière audience générale avant le mercredi 6 août, le Saint-Père livre le second volet de son enseignement sur l’Église : « La semaine dernière, nous sommes partis de l’initiative de Dieu de former un peuple qui porte sa bénédiction à tous les peuples de la Terre. Aujourd’hui, je veux m’arrêter sur l’importance, pour le chrétien, d’appartenir à ce peuple ». Appartenir à l’Église signifie qu’« on n’est pas chrétien à titre individuel, chacun pour son compte. Notre identité est appartenance. Il est beau de voir comment Dieu se présente à Moïse dans l’épisode du buisson ardent : Il ne dit pas “Je suis le Tout-Puissant” mais “Je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob”. Il se manifeste ainsi comme le Dieu qui a scellé une alliance avec nos pères et qui y est fidèle ».

Personne ne devient chrétien par lui-même. C’est clair ? Personne. On ne fabrique pas de chrétiens en laboratoire. Si mon prénom est “je suis chrétien”, mon nom de famille est “j’appartiens à l’Église”.
Ce qui implique d’abord de rendre grâce à tous ceux qui nous ont précédés et accueillis dans l’Église : « Personne ne devient chrétien par lui-même. C’est clair ? Personne. On ne fabrique pas le chrétien en laboratoire. [La foule applaudit.] Il fait partie d’un peuple qui vient de loin, un peuple qui s’appelle Église et c’est cette Église qui le rend chrétien. Si nous croyons, si nous savons prier, si nous connaissons Dieu et pouvons écouter sa Parole, si nous sentons sa proximité et Le reconnaissons dans nos frères, c’est parce que d’autres, avant nous, ont vécu la foi et nous l’ont transmise ».

Et d’invoquer les visages de ceux qui nous sont chers, celui d’une Sœur, d’un prêtre, d’un catéchiste ou de « nos parents, de nos grands-parents, d’un proche qui nous ont enseigné le signe de croix, la première prière » : « C’est cela, l’Église, une grande famille dans laquelle on est accueillis et enseignés par des croyants, par des disciples de Jésus ».

Aimer Dieu sans l’Église ? Ça ne tient pas debout !

C’est pourquoi le chemin de la foi se vit « non seulement grâce aux autres, mais avec les autres. Nous avons tous déjà entendu dire : “Moi, je crois en Dieu, je crois en Jésus, mais l’Église ne m’intéresse pas”. Mais ça ne tient pas debout (1) ! Certains prétendent avoir un rapport personnel, direct, immédiat avec Jésus, hors de la communion et de la médiation de l’Église. Voilà des tentations dangereuses et nocives. Il peut arriver qu’un frère ou une sœur nous pose des problèmes, voire nous scandalise. Mais le Seigneur a confié le message de son salut à des personnes humaines, à nous tous, à des témoins. Et c’est dans nos frères et sœurs – avec leurs dons et leurs limites – qu’Il vient à notre rencontre et se fait connaître ».

Pour conclure : « C’est cela, appartenir à l’Église. Demandons au Seigneur la grâce de ne jamais croire qu’on peut se passer des autres, se passer de l’Église, qu’on peut se sauver seul et être des chrétiens de laboratoire. On ne peut pas aimer Dieu sans aimer ses frères, on ne peut pas aimer Dieu en se plaçant hors de l’Église ».

Sybille d’Oiron

(1) Nous traduisons ainsi, et approximativement, l’expression « E questo non va », littéralement « Et ça, ça ne va pas ».